E-POINT DE PRESSE- DISCOURS DU MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Conakry, le 22 mai 2020 –

Chers amis des médias,

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du CSR

Chers collaborateurs du MESRS,

Je voudrais tout d’abord me féliciter de la qualité de l’organisation et des échanges auxquels j’ai pu assister aujourd’hui à l’occasion de la deuxième édition du point de presse du CSR.

Par cet exercice fondamental, vous contribuez à informer et à sensibiliser les populations sur cette préoccupation nationale qui menace nos vies, notre santé et contraint notre quotidien. C’est aussi un moyen de garantir l’indépendance du Conseil et la transparence dans la gestion de cette crise.

Je voudrais remercier le Conseil Scientifique au nom du Président de la République, SE Professeur Alpha Condé et du Premier Ministre, Chef du Gouvernement Dr Ibrahima Kassory FOFANA, pour l’intense travail fourni à date. En effet, le Conseil a émis pas moins de 4 avis et près d’une soixantaine de recommandations.

Il faut noter que chaque recommandation est le résultat de nombreuses heures et parfois journées de travail pour la collecte, l’analyse mais également les consultations, concertations et parfois contradictions en leur sein avant d’aboutir à un consensus puis une décision.

Sur le plan de la coordination entre le conseil et le gouvernement, il me plaît de rappeler à l’opinion que le conseil scientifique participe à l’ensemble des instances stratégiques et techniques et notamment au comité interministériel de riposte, sous la présidence du Premier Ministre.

Cela permet d’assurer une véritable interaction entre le conseil et le Gouvernement.

Et nous ne pouvons que nous en féliciter.

Sur le plan du suivi des recommandations du conseil, il est bon de retenir que l’essentiel sinon l’ensemble des recommandations examinées à date par le Gouvernement ont fait l’objet d’une mise en œuvre ou d’un début de mise en œuvre.

Cela dénote d’une part la pertinence des recommandations du conseil mais également de la volonté du gouvernement de prendre ses décisions de manière objective et rationnelle.

Très récemment sur la question de la réouverture des écoles et des universités ainsi que celle des lieux de culte, le Gouvernement a fait tout simplement le choix de s’aligner sur les recommandations jugées rationnelles et prudentes du conseil.

Sur le plan de la recherche, conformément aux orientations du Président de la République, le Gouvernement à travers le MESRS intensifiera la valorisation de notre pharmacopée et notre médecine traditionnelle, tout en veillant à l’inscrire dans le cadre d’une démarche scientifique, conformément aux orientations de l’OMS.

Il ne s’agit pas de sur estimer ce volet mais il nous appartient de ne pas le sous estimer, compte tenu de notre potentiel et de la part qui lui est réservé aujourd’hui dans cette lutte au niveau régional et international.

Enfin, je voudrais m’adresser aux étudiants pour les rassurer sur l’engagement du Gouvernement à travers le MESRS à créer les conditions pour le bon achèvement de l’année académique 2019/2020.

Plusieurs scénari sont à l’étude et notamment celui d’un réaménagement du calendrier universitaire en concertation avec la CRDG et la CRESUP, ainsi que les modalités de reprise dans le strict respect des mesures sanitaires.

Il me plaît de rappeler ici que, soucieux de la situation des étudiants pendant cette période de crise, le Gouvernement à travers le MESRS a lancé le paiement effectif des bourses du premier trimestre sur l’ensemble du territoire national.

Il nous a été ainsi permis d’expérimenter avec satisfaction la dématérialisation des bourses en République de Guinée par le paiement électronique.

Je saisis cette occasion pour annoncer  aux étudiants qu’une plateforme digitale sera lancée très prochainement pour favoriser le renforcement des connaissances en ligne, pendant la fermeture des universités mais également de favoriser la digitalisation progressive de l’université guinéenne.

Le MESRS continuera à œuvrer avec engagement et détermination dans notre lutte contre la pandémie COVID 19.

Que dieu nous protège et protège la Guinée

Sur ce, je déclare clos le présent e point de presse.

Je vous remercie

Khader Y. BARRY

Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique 

CONSEIL SCIENTIFIQUE DE RIPOSTE (CSR) CONTRE LA PANDEMIE DE LA MALADIE A CORONAVIRUS (COVID-19) – AVIS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE : N°004 du 19 MAI 2020

Conakry, le 22 mai 2020 – Le Conseil scientifique s’est réuni le Mardi19 Mai 2020 pour examiner la nécessité d’encourager et d’accompagner les initiatives de recherche et de valorisation des produits issus de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle guinéennes dans la lutte contre la COVID-19.

OBSERVATIONS PREALABLES

Le Conseil observe :

Que le gouvernement guinéen à travers le MESRS accorde une importance particulière à la recherche sur les thèmes relatifs à la COVID-19 ;

Que dans le cadre de la riposte à la COVID-19, le MESRS a invité toutes les institutions du département à s’impliquer activement à travers des projets innovants contribuant à la prévention, la sensibilisation et à la prise en charge de la pathologie ;

Que le MESRS souhaite avoir un avis sur la pertinence et l’importance de mettre en place un comité technique de recherche pour faciliter les activités de recherche pendant cette période d’urgence ;

Que la Guinée dispose d’une pharmacopée et d’une médecine traditionnelle riches et variées auxquelles font recours plus de la majorité de la population pour des raisons d’accessibilité économique et/ou socioculturelle ;

Un regain d’intérêt pour les produits issus de la pharmacopée et la médecine traditionnelle dans la riposte anti-COVID-19 ;

Une mobilisation effective des chercheurs et tradipraticiens exprimant leur volonté de participer activement dans la lutte contre la maladie à coronavirus, COVID-19 ;

Une multitude d’informations non vérifiées diffusées via les réseaux sociaux sur des recettes supposées efficaces pour la prévention et le traitement de la COVID-19 ;

Une mise en exergue de plantes exotiques du genre Artemisia, Azadirachta ;

Qu’il y’a une nécessité de valoriser les ressources locales et les chercheurs guinéens dans la riposte contre la pandémie à COVID-19.

 

Au regard de ces observations, le conseil scientifique recommande :

  • 1ére La mise en place d’un comité technique de recherche au niveau du MESRS. Ce comité devra entre autres :

o   Élaborer une note conceptuelle pour lancer un appel à projets afin de promouvoir et encourager la recherche sur la COVID-19 en Guinée, Contribuer à la sélection des projets de recherche et d’innovation les plus pertinents, o Apporter un appui technique au conseil scientifique pour la riposte, o Faciliter les prises de décision éclairées dans la lutte contre la COVID-19.

  • 2eme : L’exploration et la valorisation des ressources de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée guinéennes dans la lutte contre la COVID-19,
  • 3eme : Aux détenteurs des recettes issues de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle guinéennes revendiquant une activité contre la COVID-19 :

o   L’identification des ingrédients composant la recette ; o La standardisation de la recette proposée ;

o   L’élaboration d’un protocole d’évaluation thérapeutique si nécessaire : soit en partenariat soit sous le parrainage en la matière d’institutions spécialisées.

  • 4eme : L’évaluation de l’efficacité et de la tolérance de tout traitement proposé contre la COVID-19 suite à un protocole d’essai clinique validé par le Comité National d’Ethique et de Recherche en Santé (CNERS). A cet effet le conseil encourage :

o   La conduite d’essais cliniques portant sur des phytomédicaments élaborés par l’Institut de Recherche et de Valorisation des Plantes Médicinales et Alimentaires de Guinée (Dubréka) selon 2 protocoles soumis au Conseil Scientifique et CNERS pour avis.

o   La conduite d’un essai clinique sur l’efficacité et la tolérance de Artemisia annua dans le traitement de COVID -19. Le détenteur de cette recette devra soumettre un protocole d’essai clinique au CNERS pour validation.

5eme : Un accompagnement du gouvernement à travers un fond dédié à la recherche contre la COVID-19 dans la mise en œuvre de tout protocole ou projet de recherche validé par le Conseil Scientifique et approuvé par le CNERS.

 

Professeur Yolande HYJAZI

Présidente du Conseil Scientifique de Riposte

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

AVIS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE : N°004 du 19 MAI 2020

CONSEIL SCIENTIFIQUE DE RIPOSTE (CSR) CONTRE LA PANDEMIE DE LA MALADIE A CORONAVIRUS (COVID-19) – AVIS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE : N°002 du 05 MAI 2020

Conakry, le 22 mai 2020 – Le Conseil scientifique s’est réuni le mardi 05 Mai 2020 et a émis ce présent avis qui porte sur quatre (4) dimensions :

l . De l’organisation de la riposte,

  1. Du dépistage et suivi des contacts ;
  2. De la prévention, communication et engagement national et communautaire ;
  3. De la prise en charge des patients au niveau des Centres ainsi que la place de la médecine traditionnelle dans la riposte contre la pandémie à Covid-19.

Avant de procéder à l’élaboration de ce présent avis, le Conseil scientifique

           S’est réjoui des efforts déployés pour la mise en œuvre effective de la recommandation ci-dessous contenue dans le premier avis :

 L’hospitalisation/isolement de tous les cas COVID-19, avec des moyens adéquats au profit de tous les patients, pour une prise en charge adaptée et multidisciplinaire en milieu hospitalier ou tout autre lieu dédié; l’identification de nouvelles structures d’accueil des malades auxquelles on adapterait les critères requis pour un centre/pavillon d’hospitalisation hautement infectieux la disponibilité d’un nombre de personnel de santé suffisant, capable de s’occuper des malades 24h/24 est indispensable dans toutes les structures sanitaires et autres lieux dédiés ; o Néanmoins, il est à noter qu’à ce jour, tous les lieux identifiés pour augmenter les capacités d’accueils des cas positifs, ne sont pas encore fonctionnels étant donné que les cas suspects et les contacts ne sont toujours pas isolés par manque de local adapté.

           Déplore la non application des 8 autres recommandations contribuant à la rupture de la chaine de contamination communautaire. Cette situation compromet les efforts de lutte contre la pandémie, car l’urgence des urgences est de freiner la contamination communautaire.

Le Conseil scientifique constate :

  1. De l’organisation de la riposte

                Une domination de la dimension prise en charge sanitaire dans les efforts de riposte contre la pandémie au détriment des autres dimensions (surveillance épidémiologique, communication, engagement communautaire, etc.) ;

 Une riposte faiblement coordonnée, décentralisée, inclusive et participative de l’ensemble des acteurs qui peuvent permettre d ‘inverser la tendance épidémiologique ,

                Une trop grande verticalité de la riposte autour d’un seul acteur au détriment d’une réponse systémique ;

                Une absence de suivi, de supervision et de redevabilité rigoureux de la riposte ;

                Une augmentation continue de l’incidence et de la distribution de la pandémie dans la Capitale et à l’intérieur du pays ;

                Une absence de cartographie des zones, lieux et populations à haut risque ,

                Un manque d’optimisation de la contribution du secteur privé, en particulier le secteur minier à la lutte contre le Covid-19 ;

                L’inexistence de mécanismes de suivi des recommandations du Conseil scientifique de la riposte (CSR-Covid-19).

  1. Du Dépistage et suivi des contacts

                    Une attitude peu réactive du système de la riposte face à la propagation de la pandémie, avec une stratégie qui consiste à attendre que les personnes qui développent des symptômes se présentent pour se faire dépister ;

                    Une difficulté à répertorier, tester et suivre tous les contacts et les contacts des contacts des personnes déclarées positives sur le territoire national ;

                    Une méconnaissance du nombre de personnes contacts dans les chainons épidémiologiques, du nombre moyen de personnes contaminées par cas positifs et des dynamiques de transmission de la maladie ;

                    Une indisponibilité d’informations sur le profil épidémiologique des personnes testées positives et des contacts, y compris leur localisation géographique

 Un dépistage insuffisant et sélectif, en raison de la faible disponibilité des tests et de la capacité d’accueil des structures de prise en charge, doublé de lourdes lenteurs dans le rendu des résultats aux personnes prélevées et à leurs familles, contribuant à une frustration grandissante au sein de la population

                    Un non respect du délai normatif de 48 heures pour le rendu des résultats aux cas positifs au Covid-19 ;

 Une sous-estimation de l’ampleur de l’épidémie en raison de l’impossibilité pour le système de procéder à un dépistage de grande envergure à cette phase de l’évolution de la pandémie ;

                    Une insuffisance de la décentralisation et du nombre de sites de prélèvements au niveau des Communes de Conakry

 Une incapacité de localiser 791 cas positifs restant à rechercher à la date du 05 Mai 2020 ;

                    Une absence de système d ‘information au niveau communautaire pour la notification des décès à domicile dus au Covid-19.

  1. De la Prévention, communication et engagement communautaire

             La persistance de certaines mauvaises pratiques au sein de la population y compris le déni de la maladie, l’indifférence, le non-respect des gestes barrières, le déplacement de personnes suspectes et des contacts, l’organisation et ou la participation à des funérailles, mariages, baptêmes et autres cérémonies religieuses etc. ,

             Une communication inappropriée sur l’origine, le mode de contamination, de prévention et de traitement ,

             Une surabondance d ‘informations qui circulent concernant le Covid-19 avec des rumeurs et inf01mations erronées qui se répandent rapidement via les réseaux sociaux, empêchant ainsi une frange importante de la population d’appliquer les gestes barrières et d’adopter des mesures efficaces qui protègent de la contamination

             Une absence de politique suffisamment claire d’acquisition, de distribution et d ‘utilisation des intrants de la réponse à la pandémie au niveau communautaire

             Une focalisation sur les soins des malades dans les centres de prise en charge non associée à des mesures préventives au sein de la famille et de la communauté et des autres structures sanitaires pour contrôler la pandémie ;

             Une faible implication des autorités locales, organisations de la société civile (OSC) et

Organisations non gouvemementales (ONG) dans la prévention de la pandémie

             La non prise en compte des structures privées dans le renforcement des capacités en prévention contre l’infection (PCI) et dans l’acquisition des matériels de protection ,

             Une désinfection non systématique des domiciles des familles des cas positifs au Covid19

             Une information peu ciblée sur les populations pour favoriser leur changement de comportement en vue de les protéger du Covid-19 ;

             Une absence d’information sur les connaissances réelles de la population sur la maladie ainsi que sa perception des risques associés et de la riposte en cours

             Une insuffisance de l’effet de la mise en quarantaine de Conakry dans la préservation des populations des préfectures de l’intérieur de la transmission du Covid-19

             Une insuffisance de sursaut national et de solidarité pour une mobilisation générale dans un élan de patriotisme renforcé contre le Covid-19 ;

  1. De la Prise en charge des patients au niveau des Centres ainsi que la place de la médecine traditionnelle dans la riposte contre la pandémie du Covid-19.

4.1. Prise en charge des patients

                Une non application des procédures opératoires standardisées (POS) sur les mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI) ;

                La non vulgarisation du protocole et du guide de prise en charge des patients COVID-19 ainsi que la non prise en compte de certains aspects de la prise en charge des patients, notamment la gestion des co-morbidités (diabète, hypertension artérielle.. .);

                Une non optimisation de la prise en charge hospitalière des patients, notamment l’alimentation, la salubrité, la PCI, les ruptures de médicaments, les équipements de protection individuelle (EPI), de matériels médicaux, la non réalisation des examens paracliniques biologiques (hématologie, biochimie…) et d’imagerie (radiographie pulmonaire, scanner…) chez les patients ;

                Un retard dans le rendu des résultats des tests diagnostiques des patients hospitalisés entrainant de longs délais de séjours hospitaliers et justifiant des mécontentements de patients et de leurs proches ;

                Une absence de suivi des patients guéris du COVID 19 ;

 Une absence d’études scientifiques permettant d’évaluer l’efficacité des différents protocoles thérapeutiques en cours et à venir •

                Une absence de prophylaxie médicamenteuse et d’un soutien psychologique aux soignants avec pour conséquence une automédication préventive chez ces demiers qui pour la plupart évoluent dans un environnement hospitalier stressant et familial stigmatisant ,

                Une mobilisation des tradipraticiens Guinéens et Africains ainsi que de nombreuses propositions de remèdes à base de plantes.

Au regard de ces faits, le Conseil scientifique demande :

De changer de paradigme et d’adopter une stratégie renforcée de riposte sanitaire autour de quatre (4) principes et de six (6) axes :  Des Principes .

  1. Une Mobilisation générale de toutes les parties prenantes sur une base inclusive et participative ;
  2. Une Gestion collégiale de la riposte ;
  3. Une Décentralisation des opérations ;
  4. Une Contractualisation des interventions.  Des Axes :

l . Une réorganisation de la synergie des acteurs de la riposte ;

  1. Un dépistage décentralisé de tous les contacts et suspects avec un rendu des résultats dans les 48h ;
  2. Un isolement et suivi des contacts ;
  3. Une prise en charge correcte des cas ,
  4. Une communication à partir d’évidences et un engagement national et communautaire renforcé ;
  5. Une coordination des activités et un suivi régulier par une documentation des tendances

Le Conseil recommande :

  1. De l’organisation de la riposte

1                  ère : Procéder à la réorganisation de la synergie des acteurs de la riposte à travers la mise en place (i) d ‘un schéma opérationnel, une synchronisation et une meilleure coordination de l’action de tous les intervenants ; (ii) d’un système inclusif de participation et de collaboration entre tous les intervenants ; (iii) la spécialisation en fonction des avantages comparatifs de tous, les acteurs impliqués ; et (iv) d’un système de supervision robuste de tous les acteurs de la mise en œuvre de la riposte.

2                  ème : Faire en sorte que la riposte soit systémique en partageant les responsabilités entre tous les acteurs du système de santé (Ministère de la Santé et ses démembrements notamment l’ANSS, I’INSP, les Directions centrales, les laboratoires, les EPA et Services rattachés, les Directions régionales de la santé, les Directions Préfectorales de la santé et les Directions communales de la santé) en vue d’améliorer l’efficacité de la riposte ;

3                  ème : Instaurer un système cohérent de gestion, de redevabilité des différentes parties prenantes de la riposte et de collaboration renforcée avec les autres Ministères sectoriels (MATD, Ministères en charge de l’Education, MASPF, Affaires Religieuses, Communication, Jeunesse, Sécurité), les partenaires techniques et financiers y compris les OSC et les ONG ;

4ème : Mettre en place des équipes intégrées opérationnelles au niveau communal et communautaire (dépistage, isolement, suivi des contacts, prise en charge, hygiène, communication et sensibilisation) pour assurer une conduite holistique et intégrée du processus de riposte à la base.

5eme .• Procéder à la cartographie du secteur privé en particulier le secteur minier pour•explorer les opportunités d’appui aux structures de santé, aux écoles et aux communautés dans leur zone d ‘intervention

6ème : Mettre en place un mécanisme formel de suivi des recommandations du Conseil (CSRCovid – 19) auprès du Premier Ministre, dans le but d’améliorer la gestion globale de la riposte.

  1. Du dépistage et suivi des contacts
  2. l. Du dépistage

7ème : Organiser systématiquement le dépistage de tous les cas suspects et de tous les contacts des cas positifs par le biais d’une décentralisation effective au niveau des communes, Préfectures et zones, lieux et population à haut risque, avec une augmentation progressive du nombre de sites et de tests ;

ème : Veiller à la disponibilité des tests, réactifs et matériels de prélèvement et à leur qualité pour se prémunir des ruptures de stocks préjudiciables au contrôle de la pandémie ,

9ème : S’assurer du respect du délai normatif de 48 heures pour le rendu des résultats aux cas positifs du Covid-19.

                   2.2. Du suivi des contacts

I ()eme : Renforcer les mesures pour l’identification systématique des contacts et des contacts des contacts dans la communauté à travers l’implication de la Direction de la Santé de la Ville de Conakry (DSVCO), les Directions Communales de la Santé (DCS), les Districts sanitaires (DPS), des mobilisateurs sociaux, des agents communautaires et des autorités au niveau décentralisée ;

I I ème : Poursuivre l’identification de locaux adaptés pour les centres d’isolement des suspects et des contacts en fonction de l’évolution de la situation ;

  1. De la Prévention, communication et engagement communautaire
  2. l. De la Prévention

12ème : Rendre disponibles les intrants (masques, kits de lavage des mains, savons, gel hydroalcoolique etc.) au niveau de tous les ménages en situation précaire

13 ème : Renforcer davantage l’observation des gestes barrières ainsi que le port de masques par tous les citoyens tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays pour contribuer à la réduction de la transmission et de la propagation de la maladie

                   3.2. De la Communication

14ème : Réévaluer régulièrement la stratégie de communication sur le Covid-19 en y intégrant des éléments qui mettent l’accent sur (i) les évidences qui orientent le contenu de la communication (ii) les connaissances, les attitudes et les comportements du public relatifs aux risques de la maladie pour bien cerner sa perception sur les risques ; (iii) un programme de formation sur l’origine, le mode de contamination, de prévention et de traitement en direction des couches socio-professionnelles comme les joumalistes, les guérisseurs traditionnels, les élus locaux, les religieux etc.; (iv) la mise en place de lignes directrices nationales portant sur la diffusion continue d’informations au public selon les niveaux (v) l’instauration d’une évaluation systématique de la stratégie de communication pour l’adapter à l’évolution du contexte.

15 ème : Élargir la couverture géographique et linguistique de la communication de crise dans le cadre de la riposte par la synchronisation avec toutes les radios rurales et privées du pays et sur les réseaux sociaux pour amener les populations à admettre l’existence de la maladie

1 6ème  Encourager le témoignage volontaire des personnes bien connues du public qui ont été malades et guéris du Covid-19 ainsi que les professionnels et experts de la santé dans la diffusion de l’information à la population par les média publics et privés pour lutter contre les « fake news».

                   3.3. De l’engagement national et communautaire renforcé

17ème : suggère fortement que Monsieur le Président de la République : i) organise des rencontres officielles avec les forces vives de la Nation (Acteurs politiques, partenaires sociaux et partenaires techniques et financiers) pour assurer une mobilisation générale ; ii) s’adresse, encore une fois, à la Nation pour exiger la cohésion et la solidarité nationale en particulier pendant cette période difficile de la riposte ;

1 8 ème . Impliquer les Départements ministériels en charge des services déconcentrés et décentralisés, des jeunes et des femmes, du système éducatif et de la communication, etc. , 19 ème : Engager davantage la société civile, les leaders communautaires, religieux et politiques à participer à l’information, la sensibilisation et la communication sur les mesures individ uelles et publiques de prévention du COVID-19.

  1. De la Prise en charge des patients au niveau des Centres ainsi que la place de la médecine traditionnelle dans la riposte contre la pandémie du Covid-19.

                   4.1. Prise en charge des patients

20ème : Diffuser largement à tous les niveaux y compris le secteur privé, les procédures opératoires standards sur les mesures de PCI en tenant compte des niveaux de risque et dans les sites de prise en charge des patients COVID -19 ; assurer également la protection du personnel de santé à tous les niveaux de la pyramide de soins, a travers la mise à disposition continue des EPP.

21 Diffuser les amendements apportés par les cardiologues, diabétologues et autres spécialités sur le protocole de prise en charge revu et amendé par le CSR COVID-19 ;

22ème : Optimiser la prise en charge des patients par la réalisation d’examens complémentaires biologiques et d’imagerie paniculièrement chez les patients présentant des co-morbidités et/ou un syndrome de détresse respiratoire

23 ème : Renforcer les capacités des équipes de prise en charge par le recrutement et la formation de personnel additionnel et la mise à sa disposition de matériels médicaux (tensiomètres,

24ème  Améliorer le circuit des résultats de laboratoire en priorisant les patients hospitalisés. Une augmentation de la capacité de diagnostic des laboratoires dont certains exclusivement dédiés aux hospitalisations ,

25ème : Élaborer un protocole de suivi des patients guéris du CO VID 19 à leur sortie des Centres de prise en charge afin de répondre à certaines préoccupations notamment immunologiques chez ces patients suivis

26eme Élaborer un protocole thérapeutique prophylactique pour les soignants avant d’envisager son utilisation à plus grande échelle. Assurer également un soutien psychologique aux soignants pour prévenir le syndrome de « Burn Out » ;

27ème  Mettre en place des essais cliniques permettant d’évaluer l’efficacité des différents traitements (produits de synthèse ou phytomédicaments), se mesurant par la tolérance, la régression des signes cliniques et de la charge virale.

                   4.2. Médecine traditionnelle

28ème. Identifier les ingrédients composant tout produit traditionnel et une identification botanique de toute espèce végétale proposée ;

29ème : Mettre à jour les données de la littérature suivie d’une fomnulation galénique stable et diffusible de tout phytomédicament élaboré ;

30ème : Valider auprès du Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé de tout protocole d ‘essai clinique avant toute application.

Professeur Yolande HYJAZI

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

ÉVOLUTION DU COVID-19 EN GUINÉE – ADRESSE A LA NATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Conakry, 15 mai 2020 – Guinéennes, Guinéens, mes chers compatriotes,

Je viens devant vous pour faire le point de notre combat commun contre le COVID-19, à l’instar des autres pays du monde confrontés à cette pandémie.

Depuis l’apparition du premier cas de coronavirus, le 16 mars dernier, le Gouvernement et les populations guinéennes se sont investis dans un plan de riposte pour endiguer cette épidémie.

Les premières mesures d’urgence ont été prises, suivies de la déclaration de l’état d’urgence le 26 mars 2020 et accompagnée de nouvelles mesures sanitaires.

Ces mesures ont été amendées le 14 avril 2020, avec notamment la fermeture des écoles, des universités, des bars et des lieux de culte sur l’ensemble du territoire national.

Le port du masque a été rendu obligatoire. J’ai moi-même fait confectionner deux millions de masques réutilisables, par nos couturières et couturiers qui sont en cours de distribution gratuite.

A date, nous avons 11.100 personnes testées, nous dénombrons 2.531 cas positifs soit 23 %, 1.094 guéris et déplorons le décès de 15 patients.

Notre politique actuelle est de procéder à un dépistage massif, afin d’isoler tous les cas positifs éventuels et en même temps éviter qu’ils ne contaminent les personnes ayants d’autres maladies graves ainsi que les vielles personnes et les femmes enceintes.

Ces chiffres confirment que le combat n’est pas encore gagné et que nous devons redoubler d’efforts et de vigilance.

Cependant, il est important de souligner qu’en terme de résultat, nous pouvons être fiers du travail accompli ensemble puisque la Guinée aujourd’hui enregistre l’un des plus faible taux de décès de toute la sous-région et un des plus bas au monde avec un chiffre de 0,59% de victimes par rapport au nombre de cas infectés, quand cette triste moyenne s’élève à 6,77 au plan mondial.

C’est le lieu pour moi de présenter toute ma compassion et mes plus sincères condoléances aux familles endeuillées et de souhaiter un prompt rétablissement aux malades.

Je renouvelle mes encouragements à tous les intervenants dans la riposte que sont : le personnel soignant, l’ANSS, les forces de sécurité, les partenaires techniques et financiers, les ONG et organisations de la société civile, les entreprises publiques et privées, ainsi que toutes les personnes ressources.

Je rends également hommage aux braves populations qui consentent d’importants sacrifices dictés par les impératifs sanitaires actuels.

Chers compatriotes,

Nous constatons ainsi que l’épidémie est toujours en progression dans notre pays, avec pour épicentre la ville de Conakry.

A cet effet, les dispositions ont été renforcées pour rompre la chaîne de contamination et garantir une meilleure prise en charge des patients. Aujourd’hui, six centres de traitement épidémiologique sont opérationnels : Donka, Nongo, Camp Alpha Yaya Diallo, Matam, Kindia et la Maison centrale de Conakry. Et Gbéssia qui sera  fonctionnel ce week-end.

D’autre part, nous attendons incessamment l’arrivée d’une assistance médicale Cubaine.

La capacité de test des laboratoires, aujourd’hui de 350 par jour, sera sensiblement améliorée avec des moyens garantissant 1000 tests par jour, grâce à de nouveaux appareils attendus cette semaine.

Le Conseil Scientifique de Riposte (CSR), mis en place au mois d’avril dernier, contribue déjà, par des avis motivés, à orienter efficacement les décisions du Gouvernement.

Guinéennes, Guinéens,

L’acuité du combat contre la pandémie nous amène à des choix difficiles au regard des contraintes qui pèsent sur la vie sociale et économique.

Comment concilier la conduite du combat sanitaire avec l’exigence de la préservation de la liberté des citoyens et de la poursuite des activités économiques ? C’est le dilemme qui se pose aujourd’hui à tous les Etats du monde.

Après consultation des différents acteurs de la riposte contre la maladie à coronavirus, j’ai décidé des nouvelles mesures ci-après :

  • L’état d’urgence est reconduit pour une durée d’un mois à compter de ce jour ;
  • Le couvre-feu passe de 22 heures à 05 heures du matin pour la zone du Grand Conakry (Conakry, Coyah et Dubréka) et il est levé entièrement pour l’Intérieur du pays, à compter de ce jour ;
  • En dehors des lieux autorisés, la mesure relative au rassemblement des personnes à l’Intérieur du pays est allégée avec les regroupements passant de 20 à 30 personnes au maximum, à compter de ce jour ;
  • Bien entendu ces mesures d’exception seront ajustés si nécessaires.

Les autres dispositions relatives à l’état d’urgence sanitaire restent en vigueur.

Par ailleurs, j’instruis le Gouvernement à suivre attentivement l’impact de la crise sanitaire sur la vie économique et sociale. Il est impératif d’élargir et de renforcer le soutien aux populations et aux secteurs économiques sinistrés.

Par exemple dans le secteur agricole, nos concitoyens qui ont subi d’importantes pertes dans les filières de l’anacarde, l’ananas et des pommes de terre doivent être soutenus.

Je suis profondément sensible aux conditions difficiles dues au COVID-19 dans lesquelles vivent certains de nos compatriotes à l’Etranger, qu’il s’agisse des résidents, des étudiants ou de ceux qui y sont bloqués à la suite de la fermeture des frontières.

A ce propos, j’ai instruit le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires et utiles en vue d’apporter une assistance financière et exprimer notre solidarité aux familles des victimes guinéennes du coronavirus à l’Etranger, ainsi qu’à la poursuite des opérations de rapatriement volontaire de nos compatriotes, à travers des vols humanitaires.

Toutefois, ces opérations de rapatriement doivent obéir à des critères stricts afin de préserver la sécurité sanitaire de l’ensemble des populations.

Chers compatriotes,

Nous avons été malheureusement endeuillés par des pertes en vies humaines, le 12 mai dernier à Coyah, Dubréka et Kamsar.

Ces évènements douloureux posent une fois de plus la question de la violence lors des mouvements sociaux et politiques dans notre pays.

J’exhorte la Justice à faire la lumière sur ces faits graves et à en tirer toutes les conséquences judiciaires.

J’en appelle à la discipline et à l’esprit civique de tous les citoyens. Chacun doit comprendre que les restrictions d’aujourd’hui sont dictées par les exigences de santé publique.

Nous devons les accepter et les respecter pour vaincre la pandémie et permettre une sortie rapide de cette crise.

Les forces de sécurité sont chargées de garantir l’observation stricte de ces instructions dans la discipline et le respect de la loi.

Guinéennes, Guinéens,

J’ai confiance en la capacité de notre peuple à surmonter cette épreuve. Nous y parviendrons dans la solidarité et la cohésion nationale.

Selon le Fmi, la Guinée fait partie des 5 pays qui s’en sortiront au mieux en 2021. Mais cela suppose que nous renforcions notre agriculture et notre agrobusiness. Nous devons donc tout mettre en œuvre pour qu’en aucun cas cette maladie n’atteigne les régions de l’Intérieur qui sont les zones de production, parce que  nous devons nourrir notre population. Cette maladie nous cause beaucoup de préjudices graves mais ce qui l’est encore plus, ce sont les conséquences économiques et sociales qui peuvent entrainer un appauvrissement grave. C’est pourquoi tout le monde doit accepter ces mesures qui sont dures mais qui sont les seuls moyens de nous en sortir, de faire progresser notre économie et de faire réduire la pauvreté.

Je vous remercie !

Bureau de Presse de la Présidence

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE – DÉCÈS DE L’EX PREMIÈRE DAME MADAME HENRIETTE CONTE NÉE BANGOURA

Conakry, 13 mai 2020 – Le Président de la République, Son Excellence le Professeur Alpha Condé, a la profonde douleur d’annoncer au peuple de Guinée le décès à Conakry le mardi 12 mai 2020, de l’ex Première Dame Madame Henriette Conté née Bangoura, épouse de feu le Général Lansana Conté, des suites d’une courte maladie.

Le Président de la République salue la mémoire d’une femme remarquable, d’une générosité admirable, qui s’est mise au service de la nation en faveur des plus démunis et adresse par la même occasion ses condoléances les plus attristées au peuple de Guinée, aux familles Conté, Bangoura et alliées. Que l’âme de Madame Henriette Conté née Bangoura repose en paix.

Amen! 

La Présidence de la République

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement