Dans le cadre de ses fonctions, l’ambassadeur Kerfalla YANSANE s’est rendu récemment en Guinée et au Mexique. Après ces visites, M. YANSANE s’est entretenu avec le directeur d’AlloAfricaNews, le journaliste Ben Bangoura
Question: M. l’ambassadeur quel était l’objet de votre récente visite à Conakry?
Ambassadeur YANANE: Mon premier déplacement, c’était à Conakry où le nouveau sous-secrétaire d’Etat américain effectuait une visite de travail. Comme vous le savez l’ambassadeur Nagy avait été ambassadeur en Guinée il y a une vingtaine d’années. Donc dès sa nomination, il a montré beaucoup d’affection pour la Guinée. Et moi-même je l’ai rencontré de manière non officielle quelques jours après sa nomination, au moment de la suspension des visas pour la Guinée. C’est un diplomate américain qui est attaché à notre pays. Donc je ne suis pas étonné que pour son premier voyage il ait décidé d’aller en Guinée. Je signale également que lors de notre fête nationale, il a pris le temps de venir participer à nos côtés à la célébration de l’an 60 de notre indépendance. Tout cela montre qu’il est un proche de la Guinée.
Pour son premier voyage il devait aller en Europe, en Allemagne et en France pour se concerter avec les grandes puissances. Puis il s’est rendu à Lomé, au Togo, où il devait avoir une réunion avec les diplomates de la sous-région.
Également en Guinée, du 2 au 4 novembre, il devait rencontrer des diplomates dans la zone. Sa visite en Guinée, c’était d’abord une visite de retrouvailles avec le professeur Alpha Condé qu’il a connu lorsque celui-ci était dans l’opposition et qu’il était en prison de 1997 à 1998.
L’objet de la réunion était d’abord de voir les changements qui ont eu lieu depuis son départ du pays, voir dans quelles conditions se trouve le pays aujourd’hui et comment on peut relancer la coopération entre les Etats-Unis et notre pays. C’est pour cela que les principaux sujets discutés ont été concentrés sur les investissements et le commerce.
A ce propos il a informé le président de la République des nouvelles initiatives américaines qui viennent d’être lancées avec un montant de 60 milliards de dollars. Des fonds qui pourraient regrouper d’anciennes structures comme l’USAID. Ces fonds sont destinés aux pays à faible revenu. Et l’Afrique est sensée bénéficier d’une grande partie de ces fonds.  Donc cette information a été portée à la connaissance du président de la République qui a salué l’initiative.
Le président a tout de suite donné des instructions pour que la Guinée puisse préparer des projets bancables qui pourraient être soumis dès que ces fonds seront opérationnels. Il semble que ces fonds seront opérationnels dans le courant de l’année 2019. Le président de la République a également insisté sur la coopération dans les domaines de l’agriculture, des mines et de l’énergie. Je signale aussi que le sous-secrétaire d’Etat a eu une réunion à Conakry non seulement avec les diplomates, mais aussi avec les investisseurs qui opèrent en Guinée pour les encourager à augmenter leurs investissements. Il a pris bonnes notes des informations que le président de la République a donné sur des secteurs prioritaires. Il a promis qu’il va aider à mobiliser la communauté des investisseurs américains.
Le sous- secrétaire d’Etat a profité de l’occasion pour inviter le président de la République à effectuer une visite aux Etats-Unis à une date qui sera fixée ultérieurement.Le président a demandé à son Excellence, le ministre des Affaires étrangères et moi-même, ambassadeur à Washington, de suivre avec le département d’Etat l’organisation de cette visite.Le président a ensuite profité de l’occasion pour exprimer ses remerciements aux Etats-Unis pour leur appui dans le cadre de la lutte contre Ebola. Vous savez que les Etats-Unis avaient dépêché leur centre de recherche des épidémies (CDC) pour aider la Guinée à combattre cette maladie.
Le président était heureux de pouvoir officiellement remercier les Etats-Unis pour cette assistance mais également il a insisté pour que la période après Ebola puisse être prise en compte pour aider les zones touchées à reprendre leurs activités, notamment dans le domaine agricole. Il a également exprimé ses remerciements pour l’assistance apportée à nos forces de sécurité et de défense, notamment dans le cadre des opérations militaires au Mali. Vous savez qu’il y a un contingent militaire guinéen au Mali.
Ce contingent a été formé et équipé en grande partie par les Etats-Unis. Le président a d’ailleurs souhaité que cette assistance continue. En gros, je peux dire que c’était une visite de travail et d’amitié et j’espère que la prochaine visite du président pourra renforcer la coopération et ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays.
Vous êtes également allé au Mexique.
Au Mexique, mon voyage se situait dans le cadre de l’investiture du nouveau président. C’était un événement majeur pour le Mexique. Comme vous le savez c’est la première fois, en 70 ans, qu’un président de gauche a été élu dans ce pays.
Dans son discours d’investiture, le président Labrador a clairement indiqué que le pays prenait un nouveau départ avec de nouvelles ambitions. Il a parlé des inégalités, de la corruption, des criminalités. Il a insisté sur son engagement non seulement à lutter contre ces fléaux, mais également pour que le pays soit stable économiquement. Comme vous le savez, le Mexique fait partie des 15 premières puissances mondiales.
Pendant votre séjour, avez- vous eue l’opportunité de discuter de la coopération entre le Mexique et la Guinée?
Pendant mon séjour, effectivement j’ai eu l’occasion de rencontrer les autorités du ministère des Affaires étrangères, notamment le chef de la direction Afrique pour échanger sur la coopération entre le Mexique et la Guinée. Elles m’ont donné quelques exemples de coopération que le Mexique entretient avec l’Afrique, notamment dans le domaine de l’agriculture. Ils m’ont parlé du Kenya, un grand producteur du maïs et qui donc envoie des experts en formation au Mexique. Ce transfert de connaissance et de technologie permet bien au Kenya de produire le mais en grande quantité et un mais beaucoup plus nourrissant pour les populations. A cet effet, j’ai indiqué les potentialités agricoles de la Guinée, qui demeure le château d’eau de l’Afrique. Nous avons également parlé de coopération dans le domaine des mines. Nous comptons établir un cadre de travail dans ces domaines dès que les lettres de créance seront présentées. Ce qui ne tardera pas, une fois que les nouvelles autorités seront effectivement installées.