Le droit de liberté de religion, reconnu par la constitution, a été généralement respecté en pratique par les pouvoirs publics.

Le respect de la liberté de religion a continué à se maintenir pendant la période visée par le présent rapport et les pouvoirs publics ont continué à mener des politiques favorisant généralement la liberté de pratique religieuse.  Les chefs religieux ont joué un rôle crucial dans le mouvement national populaire qui a facilité une évolution politique constructive. Le nouveau Gouvernement de consensus comprend un Secrétariat général des Affaires religieuses, qui compte inclure dans le processus de prise de décision national les groupes religieux tant musulmans que chrétiens.

On n’a pas signalé de cas de mauvais traitement par la société ou de discrimination fondés sur les croyances ou les pratiques religieuses.
Le Gouvernement des Etats-Unis aborde les questions de liberté religieuse avec le Gouvernement de la Guinée dans le cadre de sa politique générale de promotion des droits de l’homme.

Section I.  Démographie religieuse

La Guinée a une superficie de 245 857 km2 et une population de 9.947.800 habitants. L’Islam est la principale religion du point de vue démographique, social et culturel.  Suivant des estimations dignes de foi, 85 pour cent des Guinéens sont musulmans, 10 pour cent appartiennent à divers groupes chrétiens, et 5 pour cent pratiquent des religions locales traditionnelles.  La majorité des musulmans appartiennent à la branche sunnite ; les chiites sont relativement peu nombreux, mais leur nombre augmente.  Parmi les chrétiens, on trouve des Catholiques romains, des Anglicans, des Baptistes, des Témoins de Jéhovah, des Adventistes du Septième Jour, et d’autres groupes évangéliques actifs dans le pays et reconnus par les pouvoirs publics.  On trouve aussi en Guinée une petite communauté de Bahaïs, ainsi qu’un nombre restreint d’Hindous, de Bouddhistes, et de pratiquants de religions chinoises traditionnelles parmi les expatriés.

Bien qu’il n’existe pas de communautés organisées ayant notoirement des croyances hétérogènes ou syncrétistes, les fidèles de l’islam ou du christianisme ont incorporé certaines tendances syncrétistes dans la pratique de chacune de ces religions, ce qui traduit l’influence persistante et l’acceptation aisée des croyances et rites locaux traditionnels.

Du point de vue démographique, la population est en majorité musulmane dans chacune des quatre grandes régions du pays.  Les chrétiens sont en plus grand nombre à Conakry, au sud du pays, et à l’est, dans la région de la forêt.  Ils résident également dans toutes les grandes villes, sauf celles du Fouta Djalon au centre du pays, dans lequel l’enracinement culturel profond de l’islam dans la société Pular (Foulani ou Peuls) a découragé l’installation d’autres communautés religieuses.  Les croyances religieuses traditionnelles locales (animistes) prédominent surtout dans la région de la forêt.

On ne dispose d’aucune donnée précise sur la participation active aux services ou rites religieux formels, mais cette participation est élevée, dans la mesure où les rites culturels traditionnels sont souvent étroitement liés aux pratiques religieuses.  Le Secrétariat général des Affaires religieuses estime que plus de 70 pour cent des musulmans pratiquent régulièrement.

Les populations d’immigrants et de réfugiés, en nombre important, pratiquent généralement les mêmes religions que les Guinéens, mais parmi ceux qui sont originaires du Liberia et de la Sierra Leone voisins, on relève une proportion plus élevée de chrétiens et d’animistes.

On note aussi la présence de groupes de missionnaires étrangers actifs dans le pays.

Section II.  Situation de la liberté religieuse

Cadre juridique et politique

Le droit de liberté de religion, reconnu par la constitution, a été généralement respecté en pratique par les pouvoirs publics.  Ceux-ci se sont efforcés, à tous les niveaux, de le protéger totalement et n’ont toléré aucun abus de la part des acteurs des secteurs public ou privé.

La constitution protège le droit des personnes de choisir leur religion, de se convertir et de pratiquer la religion de leur choix.  A ce jour, cette protection n’a été remise en cause par aucune procédure juridique ou judiciaire.

Bien qu’il n’existe pas de religion d’Etat, certains estiment que les pouvoirs publics accordent un traitement de faveur aux musulmans.  Contrairement aux années précédentes, il n’y a plus dans l’administration d’entité particulière pour les affaires islamiques.  En octobre 2006, le Gouvernement a changé le Ministère de la Ligue islamique nationale en Secrétariat général de la Ligue islamique, qui est devenu en mars 2007 le Secrétariat général des Affaires religieuses, afin de refléter la volonté de l’Etat de mieux inclure tous les groupes religieux.

Le Gouvernement reconnaît et la population célèbre aussi bien les fêtes chrétiennes que les fêtes musulmanes.  Les fêtes religieuses célébrées comme fêtes nationales  comprennent Pâques, l’Assomption, Noël, Tabaski (Fête du sacrifice), la Naissance du Prophète et le Ramadan.

La presse officielle, sous contrôle des pouvoirs publics, qui comprend le quotidien Horoya et le réseau de Radio et Télévision guinéen, fait des reportages sur les manifestations religieuses, tant musulmanes que chrétiennes.  L’Etat interdit aux groupes religieux ou aux partis politiques de devenir propriétaires des chaînes radio et télévision privées, mais autorise la diffusion d’émissions religieuses ou politiques sur la radio commerciale, de propriété privée. Il accorde 75 minutes hebdomadaires aux émissions islamiques comme aux émissions chrétiennes à la télévision nationale publique.