COMPTE RENDU DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI, 25 FÉVRIER 2021

COMPTE RENDU DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI, 25 FÉVRIER 2021

Conakry, le 25 février 2021 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres du premier Gouvernement de la quatrième République a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 25 Février 2021, par visioconférence, de 10h à 12H. L’ordre du Jour était le suivant

I.  MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

II. COMPTE RENDU DE LA SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL INTERMINISTERIEL DU MARDI, 23 FEVRIER 2021 ET  DECISIONS

Au titre du premier point de l’ordre du jour

Le Président de la République a adressé ses vives félicitations aux membres du premier Gouvernement de la quatrième République et les a exhorté à s’inscrire dans la dynamique d’une meilleure gouvernance. Il les a invités à traduire dans leur comportement et dans le travail, le concept « Gouverner autrement » qui doit induire une véritable révolution dans les mentalités et dans la culture de chaque Guinéen

Le Chef de l’Etat a rappelé dans ce cadre des directives qui doivent permettre de qualifier davantage le travail gouvernemental et insisté notamment sur la responsabilité des Ministres dans les performances de leurs départements respectifs et sur leur obligation de veiller personnellement au bon fonctionnement de l’ensemble des services relevant de leur compétence

Le Président de la République a déploré les manquements observés dans la gestion de l’Agence de Navigation Aérienne ayant conduit aux défaillances de l’équipement d’aide à l’atterrissage des aéronefs au niveau de l’Aéroport de Conakry-Gbessia. Il a décidé de l’application de sanctions administratives exemplaires aux responsables de cette situation

Le Chef de l’Etat a instruit le Gouvernement d’entreprendre l’élaboration d’un projet de Loi réprimant plus sévèrement les hausses abusives et fantaisistes de prix sur le marché ainsi qu’un autre projet destiné à sanctionner les actes d’insalubrité et  de récidive d’occupation non autorisée des domaines et espaces publics

Le Chef de l’Etat a invité à la mise en place d’une commission chargée d’initier une véritable Réforme foncière dont la finalité serait de donner plus de garantie aux investisseurs tout en prévoyant des sanctions sévères à l’endroit de fonctionnaires indélicats reconnus coupables de cession illicite de domaines publics

Le Président de la République a instruit les départements responsables à créer dans les plus brefs délais une commission pour la gestion des biens immobiliers issus du Contentieux franco-guinéen afin de disposer d’un inventaire complet des domaines et bâtiments concernés et à en assurer, le cas échéant, le retour dans le portefeuille de l’Etat

Le Chef de l’Etat a invité les Ministres à faire assurer une formation adéquate en faveur des responsables des Bureaux de Stratégie et de Développement (BSD) ainsi que des organes de passation des marchés publics afin de leur permettre d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de leur importante mission. Il a appelé les départements ne disposant de BSD à procéder à leur mise en place

Le Président de la République a invité à l’organisation de l’audit des Régies financières de l’Etat et à la systématisation des paiements de taxes, impôts et redevances par virement bancaire et chèques barrés, de manière à éviter toute manipulation de cash dans le but d’éviter toute forme de détournement de deniers publics

Le Chef de l’Etat a instruit la Ministre du Plan et du Développement Economique à améliorer les capacités de l’Institut National des Statistiques et à veiller à ce que ses productions soient effectivement mises à la disposition des autres départements ministériels, des partenaires au développement et au public

Le Président de la République a informé de l’accord de la BAD pour une assistance au Gouvernement dans un programme d’audit du secteur minier, de celui des Télécommunications et de la BCRG. Il a réitéré ses instructions pour la relance de la SOTELGUI par la nouvelle entité juridique qui doit en reprendre les activités et les actifs

Le Chef de l’Etat a instruit le Ministre en charge de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation et le Secrétaire Général des Affaires Religieuses à veiller au retrait de son agrément à toute organisation religieuse qui recevrait des fonds provenant de l’étranger.

Le Président de la république a invité le Premier Ministre à promouvoir le Cadre Permanent de Dialogue de manière à réunir les composantes de la société autour de thèmes embrassant tous les aspects de la vie nationale de notre pays

Le Chef de l’Etat a déploré le relâchement constaté dans le respect des mesures barrières préconisées dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. Il a instruit les départements et services concernés à intensifier la sensibilisation ainsi que l’application des mesures coercitives à l’encontre des contrevenants aux directives des autorités sanitaires.

Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier Ministre a fait le compte rendu de la session ordinaire du Conseil Interministériel du 23 Février 2021.

A ce titre le Conseil a entendu successivement :

1-   Le Ministre de l’Information et de la Communication qui a présenté un projet de Décret portant statuts et organisation de l’Office de Radiodiffusion Télévision Guinéenne (ORTG)                        

2-   Le Ministre Délégué à l’Agriculture et à l’Élevage qui a soumis au Conseil des Décrets et arrêtés règlementant le secteur de l’Elevage

3-   La Ministre du Plan et du Développement Economique qui a fait une communication relative au processus d’élaboration du Plan de Développement Economique et Social (PNDES) 2021-2025.

4-   Le Ministre en charge des Investissements et des Partenariats Publics Privés qui a soumis une Communication relative à l’état d’avancement de l’organisation de la 1ère édition du Guinea Investment Forum (GUIF).

5-   La Ministre de l’Action Sociale et de l’Enfance qui a présenté une

Communication relative à la conférence nationale annuelle sur la protection sociale en République de Guinée.

Dans ce cadre,

Le Ministre de l’Information et de la Communication a soumis à l’approbation du Conseil l’examen du décret portant statuts et Organisation de l’Office de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (ORTG).

Au terme des débats, le conseil après les réserves et observations formulées, a retenu la nécessité d’une réforme institutionnelle de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne. Cependant il a invité le Ministre à se rapprocher du Ministre de l’Economie et des Finances et du Ministre Secrétaire Général de la Présidence pour relire le statut juridique et proposer au Conseil une entité juridique qui permette d’atteindre les objectifs d’efficacité recherchés tout en envisageant des ressources additionnelles en dehors des subventions de l’Etat.

Le Ministre Délégué à l’Agriculture et à l’Élevage a soumis pour examen trois projets de Décrets d’application du Code de l’élevage et leurs projets d’Arrêtés d’application.

Il a indiqué que ces projets de Décrets s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre effective du Code de l’Elevage, adopté comme Loi L/2018/026/AN du 03 Juillet 2018 par l’Assemblée Nationale.

Ø En ce qui concerne le projet de Décret portant Règlementation des Etablissements d’Elevage de volailles, de production et de commercialisation des produits avicolesle Ministre a indiqué qu’en application des articles 46 et 47 du Code de l’Elevage, ce projet de Décret réglemente les interventions techniques lors de la création et de l’exploitation des établissements suivants :

–        les établissements d’élevage intensif et semi-intensif de volailles de toutes filières confondues ;

–        les couvoirs d’œufs de toutes espèces aviaires ;

–        les abattoirs avicoles et établissements de découpe, de transformation, de conditionnement et de congélation des viandes de volaille ;

–        les centres d’emballage et de transformation d’œufs ;

–        les établissements de transport et de distribution des volailles vivantes et des œufs ;

–        les établissements d’import-export et de commercialisation des viandes et des œufs de volailles destinés à la consommation et à la couvaison ;

–        les établissements d’import-export et de commercialisation des poussins destinés à l’élevage des pondeuses, des poulets de chair ou des reproducteurs ;

–        toutes les volières.

Ce projet de Décret est accompagné d’un projet d’Arrêté portant procédure d’obtention d’agrément sanitaire des établissements de production, d’introduction et de diffusion des volailles.

Ø S’agissant du projet de Décret portant Création, Structure et Fonctionnement du Réseau d’Epidemiosurveillancele Ministre a informé qu’en application de l’article 54 du Code de l’Elevage, ce réseau, dénommé REMAGUI, est chargé de la surveillance et de l’observation permanente des maladies réputées contagieuses du cheptel et de la faune sauvage et qui peuvent avoir aussi une incidence sur la santé publique.

Le REMAGUI a pour mission d’assurer l’animation, la coordination et le suivi des activités des différents acteurs impliqués dans le réseau de surveillance des maladies, conformément aux recommandations de son Comité de Pilotage.

Ce projet de Décret est accompagné d’un projet d’Arrêté portant désignation des membres du réseau d’épidémio-surveillance des maladies animales en Guinée.

Ø Concernant le projet de Décret portant Mission, Organisation et Fonctionnement du Fonds National pour le Développement de l’Elevage « FONDEL », le Ministre a précisé qu’en application des articles 168 et 169 du Code de l’Elevage, ce projet de Décret traite entre autres :

–        de la mission du FONDEL dans le cadre de sa participation à l’effort de développement durable du secteur de l’Elevage en République de Guinée ;

–        de l’organisation du FONDEL notamment du Conseil d’Administration qui est l’organe d’orientation du Fonds, de la Direction Générale qui est l’organe d’exécution du FONDEL ;

–        du fonctionnement du FONDEL, notamment de sa gestion administrative, du personnel fonctionnaire et contractuel, de sa gestion matérielle et financière, des ressources nécessaires pour son fonctionnement et des charges qu’il supporte ;

–        de la tutelle et du contrôle du FONDEL.

Ce projet de décret est accompagné d’un projet d’arrêté conjoint qui précise les modalités de répartition des produits des taxes, droits et redevances conformément au Code de l’élevage et au Code Révisé des Collectivités Locales.

Le Ministre a sollicité la signature de ces projets de Décrets et d’Arrêtés en vue de combler le vide juridique et permettre au Ministère en charge de l’Elevage de faire face à certains problèmes du secteur qui nécessitent des interventions rapides et urgentes.

Au terme des débats, le conseil sous réserve des observations formulées a adopté les trois projets de Décrets et leurs textes d’application.

La Ministre du Plan et du Développement Economique a fait une communication relative au processus d’élaboration de la 2ème génération du Plan de Développement Economique et Social (PNDES) 2021-2025.

Elle a informé que conformément à la logique d’opérationnalisation par séquences quinquennales de la vision 2040, l’élaboration d’un nouveau Plan intervient à la suite du PNDES qui couvrait la période 2016-2020.

Cinq (5) principes directeurs guideront l’élaboration du PNDES II : (i) la capitalisation des expériences passées; (ii) le leadership national qui sera assuré à travers la Commission nationale de Planification présidée par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ; (iii) l’inclusion, par l’implication de toutes les parties dans toutes les étapes du processus ; (iv) l’accent sur les résultats dans une option de suivi et d’évaluation des actions planifiées 2021-2025 ; et (v) l’alignement sur les agendas internationaux du développement, en particulier : la vision post-2020 de la CEDEAO, la vision 2063 de l’Union Africaine et les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Ainsi, le processus d’élaboration du PNDES 2 repose sur un dispositif institutionnel à quatre (4) niveaux : (i) le niveau de validation assurée par la Commission Nationale de Planification, (ii) le niveau de pilotage qui relève du Comité Technique de Suivi (CTS) du DISE (Dispositif Institutionnel de Suivi et Evaluation) élargie aux Partenaires Techniques et Financiers de la Guinée, (iii) le niveau technique animé par la taskforce qui est une équipe pluridisciplinaire composée des cadres de tous les ministères et  (iv) le niveau consultatif qui regroupe les représentants de la société civile, du secteur privé et des collectivités locales.

Certains PTF notamment le PNUD, l’UNICEF, l’UE et la BAD, ont déjà manifesté leur disponibilité à accompagner les efforts des autorités à travers des appuis techniques au renforcement des capacités de la Taskforce.

Au terme de l’exposé, le conseil a encouragé la ministre à continuer le processus et recommandé la prise de certaines dispositions

Le Ministre en charge des Investissements et des Partenariats Publics Privés a fait une communication relative à l’état d’avancement de l’organisation de la 1ère édition du Guinea Investment Forum (GUIF), prévue du 24 au 26 février 2021 à Conakry. 

Le Ministre a rappelé que l’objectif principal du GUIF consiste à mobiliser des investisseurs publics et privés et à mettre en place un ensemble de projets solvables en vue de conclure des transactions structurantes. De manière plus spécifique, le forum permettra de :

–                  Promouvoir les avantages comparatifs de la Guinée ;

–                  Promouvoir le secteur privé guinéen ;

–                  Disposer d’une plateforme transactionnelle avec des intentions d’investissements exprimées et concrétisées ;

–                  Stimuler les Investissements Directs Étrangers (IDE) ;

–                  Informer et sensibiliser sur le cadre et les réformes structurelles en cours et celles à venir ;

–                  Mobiliser des fonds pour le financement de projets d’envergures ;

–                  Mettre en place de nouveaux partenariats et des alliances stratégiques pour renforcer le secteur privé guinéen.

Le GUIF mobilise plus de 1 000 participants dont de hautes autorités, des représentations diplomatiques, des partenaires techniques et financiers, des institutions de financement, des entrepreneurs et d’autres participants issus de divers secteurs notamment ceux orientés vers le développement des investissements.

Ce Forum sera l’occasion d’amener les partenaires techniques et financiers de la Guinée à s’engager et agir efficacement en faveur de l’accroissement des investissements dans notre pays.

Dans le cadre des préparatifs du GUIF, des avancées majeures ont été enregistrées dont entre autres la collecte de 67 projets privés pour un montant estimé à Deux milliards neuf cent cinquante-quatre millions cent soixante-quatre mille sept cent quarante-cinq (2 954 164 745) USD.

Au terme de l’exposé, le conseil a donné son soutien au ministre pour la tenue du GUIF

La Ministre de l’Action Sociale et de l’Enfance a fait une communication relative à la conférence nationale annuelle sur la protection sociale en République de Guinée, prévue les 10 et 11 mars 2021.

La ministre a soutenu que cette 1ère édition de la Conférence nationale annuelle sur la protection sociale a pour objectif de faire le point sur la mise en œuvre de la politique de protection sociale en Guinée.

Les principaux résultats attendus sont entre autres :

–        L’adoption d’un plan d’action conjoint des principaux acteurs de la protection sociale en Guinée pour 2021;

–        La mise en place d’un comité ad hoc de suivi du plan d’action, en attendant la signature du décret portant création du Comité de coordination nationale de la protection sociale.

Cet évènement qui se tiendra par visio-conférence, regroupera 40 participants et sera conjointement financé par l’Etat guinéen et l’UNICEF.

Au terme de l’exposé, le conseil a donné son soutien à la Ministre pour l’organisation de cet évènement de grande portée sociale.

Avant de lever la séance le Président de la République a donné de larges informations sur la situation nationale, africaine et internationale

Le conseil des Ministres

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

Réunion d’information sur la survenue de la MVE en Guinée à l’attention des Ministres de la santé des pays voisins et des organismes régionaux de la santé

Réunion d’information sur la survenue de la MVE en Guinée à l’attention des Ministres de la santé des pays voisins et des organismes régionaux de la santé
Conakry, le Mardi 2 mars 2021 à l’hôtel Kaloum
Contexte
Les autorités sanitaires du Ministère de la santé ont été informées à travers la Direction préfectorale de la santé de Nzérékoré de la détection de cas suspects d’Ebola avec des symptômes de diarrhées, vomissement et saignements chez des personnes ayant participé à l’enterrement d’une infirmière du Centre de santé de Gouécké le 1er février 2021.
La première investigation menée a dénombré 7 cas dont 3 cas de décès. Les 3 échantillons expédiés aux laboratoires se sont tous révélés positifs à Ebola.
Face à cette situation, -et en application du règlement sanitaire internationale gouvernement guinéen a déclaré l’épidémie de la maladie à virus Ebola le 14 février 2021.
Depuis cette date plusieurs dispositions ont été prises en vue de limiter la propagation de la maladie, soigner les malades et préparation la vaccination en ceinture des contacts autour de la zone.
Depuis la déclaration de l’épidémie jusqu’à ce jour, 21 janvier la situation épidémiologique globale se présente comme suit :
  • quatre (4) cas confirmés
  • quatre (4) cas probables
  • Cinq (5) personnes sont hospitalisées aux CT-Epi dont deux (2) cas au CT-Epi de Nongo/Conakry (1 cas suspect et 1 cas Confirmés) et trois (3) cas au CT-Epi de N’Zérékoré (1 cas suspect et 2 cas confirmés) ;
  • Cinq (5) décès dont quatre (4) cas probables et un (1) cas confirmé ;
  • 318 contacts ont été suivis sur 348 soit un taux de suivi de 91,3%.
Dans un souci de transparence et pour rassurer les pays voisins à la Guinée ainsi que les organismes régionaux en charge de la santé, le Gouvernement compte organiser un atelier d’information et d’échanges sur cette épidémie le Mardi 2 mars 2021 à l’hôtel Kaloum à Conakry.
Les Cibles de la réunion :
  • Les Ministres de la santé des pays voisins : Mali, Sénégal, Cote d’ivoire, Liberia, Sierra Leone, Guinée Bissau
  • Le Directeur général de l’organisation ouest africaine de la santé (OOAS)
  • Les Représentants de l’OMS, de l’Unicef, de l’UNFPA et de l’OIM
  • Les organismes de coopération bilatérale : Coopération française, GIZ, USAID, JICA,TIKA, Chine….
  • Les Ambassadeurs résidents en Guinée
  • Les Représentants des ONG santé : MFS, Alima
Objectifs de la rencontre
  • Donner les informations sur l’évolution de l’épidémie de la MVE
  • Donner des informations sur les dispositions envisagées pour la maîtrise de l’épidémie
  • Partager les expériences entre les différents pays pour améliorer les dispositifs mis en place

Le Représentant résident du PNUD rencontre le nouveau Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger

Chers Collègues

Pour Votre Information

Le Ministre des Affaires Étrangères et Guinéens de l’Etranger accorde une audience au Représentant résident du PNUD

Le nouveau Ministre des Affaires étrangères et Guinéens de l’Etranger a reçu Mercredi après-midi (le 10 Février 2021) le Représentant résident du PNUD en Guinée.

La présidence guinéenne du Groupe des 77, le renforcement des capacités du personnel diplomatique, la promotion des cadres guinéens dans les institutions internationales, le retour et l’utilisation optimale des compétences de la diaspora guinéenne ont été au centre des échanges entre M. Ibrahima Kalil Kaba et M. Luc Joël Grégoire.

Le Ministre des Affaires Etrangères et Guinéens de l’Etranger a commencé par remercier le Représentant résident le PNUD pour cette rencontre avant d’indiquer que le PNUD est une institution de référence en matière de coopération internationale et de coordination de l’aide publique au développement et un bon catalyseur pour faciliter la mobilisation des ressources. Je salue le soutien et les concours du PNUD à l’action de développement de notre pays et à l’efficacité du partenariat pour la coopération. Je remercie l’accompagnement du PNUD qui va apporter une assistance précieuse à la Présidence du G77 + la Chine que la Guinée assure depuis janvier 2021. Nous souhaitons également la mise en place du Centre de documentation et d’archivage diplomatique et le renforcement des capacités du personnel et la numérisation dans la gestion du courrier et des informations stratégiques.  Le Ministre a également souhaité l’accompagnement du PNUD pour traduire la nouvelle vision du Président de la République en termes de politique extérieure et de diplomatie économique pour que la Guinée soit un modèle. Nous sommes en train d’aménager le Centre de perfectionnement et de formation diplomatique à Koloma et nous serions très heureux que vous nous aidiez à matérialiser ce projet.

Le Représentant Résident du PNUD M. Luc Joël Grégoire, après avoir félicité le nouveau Ministre pour sa nomination a partagé avec lui les grands chantiers du Partenariat exemplaire qui lie son institution avec le Gouvernement de la République de Guinée. Il a évoqué à cet égard, les concours apportés à la planification du développement, à la gouvernance sécuritaire et aux droits humains, à la gouvernance économique et financière, à l’inclusion sociale et à l’employabilité ainsi qu’aux enjeux de l’économie bleue et verte et du développement durable sans oublier la promotion des innovations à travers notamment le Laboratoire mis en place.

Sur le plan de l’innovation, il a évoqué le fait que grâce à des département ministériels très engagés et visionnaires, nous allons promouvoir une Académie nationale du drone, une réglementation de l’usage des drones déjà très avancée, des plateformes de services pour une réponse décentralisée au niveau régional ainsi qu’une stratégie de digitalisation de certains services publics. Concernant vos attentes, Monsieur le Ministre, nous allons vous accompagner au-delà de l’assistance de l’appui à la Présidence du G77, pour la formation continue du personnel diplomatique et le développement de l’intelligence stratégique et de l’eco-diplomatie en priorisant les thématiques relatives aux enjeux diplomatiques, économiques ou environnementaux et en renforçant les capacités nationales des décideurs de haut rang, des experts et bien évidemment, des diplomates guinéens accrédités.   

Plusieurs autres questions liées notamment à la diplomatie économique, à veille stratégique, à la diplomatie préventive et à l’intelligence collective, au suivi des Accords et Commissions mixtes, à la promotion de la coopération Sud-Sud et à la préparation du Groupe Consultatif des partenaires de la Guinée, avec la BM et la BAD pour l’identification des opportunités et le financement du futur PNDES2 (2021-2025) ont été évoqués.

Cette réunion a été remarquablement constructive et conforte le haut niveau du dialogue, la qualité des liens de coopération et l’effectivité des concours du PNUD en République de Guinée.

DISCOURS INAUGURAL DU MINISTRE LORS DE LA JOURNÉE DE PARTAGE AVEC LES PTF ET LES PS

DISCOURS INAUGURAL DU MINISTRE LORS DE LA JOURNÉE DE PARTAGE AVEC LES PTF ET LES PS

 

Conakry, le 09 février 2021

Monsieur le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;

Madame la Ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi ;

Monsieur le Représentant Résident du PNUD en Guinée ;

Mesdames et Messieurs les partenaires techniques et financiers du secteur de l’éducation ;

Mesdames et Messieurs les partenaires sociaux ;

Mesdames et Messieurs les hauts cadres des ministères partenaires ;

Mesdames et Messieurs les hauts cadres du système éducatif ;

Mesdames, Messieurs ;

Je voudrais rendre grâce à Dieu et remercier le Président de la République, Pr. Alpha CONDE et le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Dr. Ibrahima Kassory FOFANA pour le renouvellement de la confiance placée en moi en me reconduisant au poste de ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.

Je voudrais aussi vous remercier tous d’avoir répondu présent ce matin à l’invitation du MENA en dépit de vos charges. La rencontre d’aujourd’hui est la première d’une longue série que notre ministère souhaite avoir avec vous.

Nous souhaitons que nous inscrivions dans nos agendas respectifs deux rencontres annuelles. Une fois en début d’année pour présenter les activités que nous allons mettre en œuvre et la seconde en fin d’exercice budgétaire pour faire un bilan de nos actions et tirer les leçons.

Nous souhaitons que ces rencontres soient des moments de partage de tous les plans d’actions à l’intérieur de tous les projets et programmes développés au sein du MENA pour éviter les chevauchements, améliorer la synergie et la complémentarité, susciter des accompagnements dans des activités à faible financement et faciliter l’alignement de l’aide au développement comme le prévoit la déclaration de Paris.

Nous souhaitons enfin que ces rencontres soient un moment de convivialité entre des acteurs stressés que nous sommes pour raffermir notre fraternité au bénéfice de l’école Guinéenne.

Mesdames, Messieurs ;

Je ne vais pas vous encombrer de chiffres sur des taux et des totaux que vous connaissez parfois mieux que moi. Je ne vais pas le faire d’autant plus que nous rentrons dans une phase de collecte de données intenses au MENA qui remettra en question plusieurs de nos certitudes.

Je peux néanmoins répéter ce que vous savez tous :

1) La Guinée n’arrive pas à scolariser toutes ses filles et tous ses fils car il y a des familles, pour des raisons que nous devons découvrir, qui ne scolarisent pas tous leurs enfants. Même si toutes les familles de Guinée le voulaient, ce ne serait pas possible car notre offre éducative est faible avec des écoles en nombre insuffisant, plusieurs de celles qui existent sont vétustes, dégradées, en hangars, et plus souvent qu’autrement, en cycle incomplet au primaire et avec très peu d’écoles pour le préscolaire ;

2) Lorsque nous construisons des écoles, on le fait souvent pour faire face à une demande sociale et communautaire et non à partir de la demande éducative qui résulte de la carte scolaire. Au final, on a des écoles avec très peu d’élèves dans certaines parties du pays pour justifier le salaire des enseignants mobilisés et des classes surchargées ailleurs car la demande est forte et l’offre en infrastructure faible ;

3) Pour contourner le déficit du corps enseignant et la faiblesse des effectifs dans certaines zones du pays, on a multiplié les classes multigrades et les enseignants dits communautaires à la charge des populations qui peinent à assumer ce fardeau récurrent. Pour contourner la faiblesse de l’offre en infrastructures scolaires, on a proposé des classes à double vacation. Toutes nos données l’attestent, nous n’avons pas un enseignant pour chaque classe construite au primaire et pas suffisamment d’enseignants au secondaire dans les disciplines de base comme le français, les mathématiques et l’anglais. De plus, les plus qualifiés parmi les enseignants (les APS, les PEN et les CPMF), ceux qui ont le plus d’expérience, sont sortis de la classe pour des postes administratifs et rien n’a été fait jusqu’à date pour renouveler ces corps. En même temps que les meilleurs ont quitté la classe, les plus en difficultés, tant du point de vue académique que professionnelle, sont restés dans les classes. Au lieu d’avoir des directeurs d’écoles qualifiés, en particulier les CPMF, pour assurer un renforcement de qualité de proximité, moins cher et plus efficace, on a confié cette mission à une structure de plus qui d’année en année s’étoffe en personnel au détriment de la classe ;

4) Le MENA est devenu la portée d’entrée pour accéder à la fonction publique. Dès après le recrutement, les uns deviennent malades, les autres ne supportent pas la craie, les autres aussi trouvent des suppléants à qui ils donnent une part de leur salaire et les autres enfin se font leur salaire mensuel et exercent une autre activité à Conakry et même à l’étranger ;

5) Lorsque nous arrivons à scolariser les enfants de Guinée, près de la moitié de ceux-ci ne survit pas pendant 10 ans au sein du système avec des redoublements et des abandons nombreux ;

6) Et tous ceux qui y survivent n’arrivent pas à acquérir les compétences essentielles attendues d’un système éducatif de qualité avec des examens dans les classes intermédiaires non normalisés et des examens nationaux coûteux, émaillés de fraudes à grande échelle autant pendant leur préparation que durant leur déroulement. Pour édifier les uns et les autres sur la problématique de l’évaluation des enseignements/apprentissages, je suggère que nous tous lisions le rapport d’évaluation financé par la GIZ sur les évaluations au CE2 et les deux autres rapports en cours de finalisation que sont l’évaluation réalisée au compte de la CONFEMEN en début et fin de cycle et l’analyse des copies d’examens de 2019-2020 réalisé par le service d’évaluation du MENA.

Mesdames, Messieurs ;

Le lycée actuel de la République de Guinée est celui légué par Madame Aicha BAH (ancienne Ministre du secteur) au terme de sa réforme menée entre 1989 et 1996. Ce lycée garde encore ses qualités d’alors et les défauts de l’époque et de la nôtre.

C’est un lycée sans conseillers à l’orientation. Ceux qui exercent cette mission importante de régulation et d’adéquation entre les ambitions individuelles et les qualités des élèves, s’ils existent, ne sont pas des professionnels formés à cet effet.

Alors que pour la plupart des pays voulant se doter d’un système performant, l’offre de formation au lycée est diversifiée, amarrée à l’enseignement supérieur et au monde de l’emploi avec des lycées professionnels, techniques et de formation générale, la Guinée ne compte jusque ce matin que trois filières dans son lycée général (sciences sociales, sciences expérimentales et sciences mathématiques) sans laboratoires pour asseoir un vécu, du doigté et de la préparation à l’activité.

Alors que l’offre du supérieur de la Guinée est calibrée à 65% pour recevoir des bacheliers des filières scientifiques, techniques et en mathématiques, 50% des lycéens Guinéens sont inscrits en sciences sociales d’où les contraintes en matière d’orientation après chaque baccalauréat avec des milliers de bacheliers dans les programmes dont-on a peu besoin et une absence notaire de bacheliers dans les programmes utiles pour le pays. Au final, on a des diplômés non employables et des offres d’emplois sans candidats.

Mesdames, Messieurs ;

L’alphabétisation a toujours été pensée pour son côté utilitaire, pour rendre fonctionnel ceux qui ont raté le train de la scolarisation à leur plus jeune âge (essentiellement les populations rurales et plus spécifiquement les femmes). Même dans ce cas, il y a très peu de réalisations en l’absence de financement et de l’Etat et des partenaires techniques et financiers. L’éducation informelle souffre sérieusement du désengagement de l’UNICEF des centres NAFA.

De nos jours, même lorsqu’on souhaite relancer l’alphabétisation en langues nationales, le chemin sera ardu car les manuels et les lexiques produits sous la première République sont éparpillés au 4 coins de Conakry, les linguistes formés à l’époque sont entre la retraite et la mort. Ceux des cadres disponibles sont préparés plus à passer des contrats pour « faire faire » et non « faire ».

Pourtant, l’alphabétisation dans nos langues nationales ne doit pas être réservée exclusivement à la fonctionnalité des analphabètes, elle doit être pensée comme la possibilité offerte à tous les Guinéens, et surtout aux élites, d’apprendre une langue autre que leur langue maternelle pour assurer la consolidation de l’unité nationale.

Mesdames, Messieurs ;

Les documents de structuration et d’organisation du travail du cabinet, des Inspections Régionales et des Directions Communales et Préfectorales de l’éducation réalisés avec le soutien financier et technique de l’USAID ont été abandonnés et en lieu et places on a vidé les enseignants des classes et on a rempli les bureaux de la base au sommet.

Mesdames, Messieurs ;

Les actions qui vont vous être présentées ce matin expriment, en partie, quelques-unes des solutions de remédiations que j’ai hérité de mon prédécesseur et de mon impulsion personnelle après 7 mois passés à la tête de ce stratégique ministère. Il s’agit de :

Qualifier la gestion et le pilotage du système éducatif :

1. À travers la digitalisation de l’ensemble des domaines de gestion (ressources humaines, matérielles et financières, infrastructures, équipements, données statistiques et examens, enseignement/apprentissages en ligne pour les enseignants en situation de classe et pour les élèves) ;

2. À travers la restructuration des services centraux et déconcentrés du Ministère en s’appuyant sur les travaux réalisés par le projet NFQE sur appui technique et financier de l’USAID et en les actualisant ;

Accélérer l’Accès équitable à l’Enseignement Général par :

1) L’élargissement de l’accès à tous en respectant l’équité et la justice sociale par la réalisation d’études fines pour comprendre les motivations des populations qui scolarisent peu ou pas du tout, par la rénovation des écoles les plus dégradées, le remplacement des écoles hangars sur l’ensemble du territoire national, l’extension des écoles à cycle incomplet partout où la demande scolaire l’impose et la construction de nouvelles écoles dans les zones à forte demande scolaire ;

2) Le recrutement sur la base de fiches de postes de nouveaux enseignants plus qualifiés et de nouveaux cadres dans les services d’appui et rattachés à partir de fiches de postes. Désormais, le MENA sera une porte d’entrée, mais sans porte de sortie avant la fin du contrat décennal qui liera le personnel avec l’Etat ;

3) L’élargissement de l’éducation de base jusqu’à la fin du premier cycle du secondaire (10 ans) par l’offre du préscolaire et des cantines comme instrument d’inscription, de maintien et de réussite.

Améliorer la Qualité des enseignements et des apprentissages par :

1) Le rehaussement du niveau académique et professionnel des cadres du Ministère à travers des formations diplômantes ;

2) La requalification académique et professionnelle des enseignants dans la langue d’enseignement qu’est le français pour les enseignants du primaire et du secondaire, du calcul pour ceux du primaire et en mathématiques pour ceux du secondaire, l’introduction de l’enseignement de l’anglais à tous les niveaux du système et le renforcement des capacités académiques et professionnelles de la chaîne pédagogique et administrative ;

3) La révision du cadre d’orientation curriculaire de l’école fondamentale et la diversification du lycée pour l’amarrer à l’enseignement supérieur et au marché de l’emploi ;

4) Le développement d’une offre mixte de formation en présentielle et à distance pour les enseignants et les apprenants.

Impulser une dynamique nouvelle pour l’Alphabétisation et l’Education des Adultes :

3. En renforçant les compétences linguistiques, pédagogiques et andragogiques des moniteurs, des éducateurs et des animateurs d’alphabétisation ;

4. En donnant un nouveau souffle à l’éducation formelle à travers la redynamisation des centres NAFA ;

5. En développant un mécanisme inédit pour l’apprentissage des langues nationales dans les écoles et les services publics afin d’aider à la consolidation de l’unité nationale.

Mesdames, Messieurs ;

La décentralisation du système éducatif pour rendre l’école et son contenu (enseignants et apprenants) aux collectivités est en route. Je m’engage à porter ce projet jusqu’à terme.

Mais on ne doit décentraliser que ce que l’on connait, qu’on supervise et que l’on contrôle. Le moins d’Etat central exige du mieux d’Etat. Plus vite sera la digitalisation, plus rapide sera le transfert de l’école aux collectivités en assurant par nos services techniques centraux et déconcentrés le contrôle qualité de façon certaine.

Le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation s’engage dans la digitalisation pour mieux gérer les ressources humaines (enseignants, encadreurs), les infrastructures scolaires, les élèves et les intrants pédagogiques (livres, matériels didactiques, trousses scolaires, etc.).

Par la digitalisation, le MENA sera en mesure de coordonner le mouvement du personnel tant à l’intérieur des structures déconcentrées qu’entre le MENA et les autres ministères et assurer le contrôle de la présence physique des uns et des autres au poste de travail. La digitalisation est le moyen le plus économique et le mois aléatoire de contrôle du personnel à son poste de travail. C’est la réponse la plus pertinente aussi bien en ce qui concerne l’enseignement lui-même que la gestion du système et la bonne gouvernance.

La digitalisation servira aussi à affecter à chaque infrastructure scolaire un identifiant et ainsi faciliter le respect des critères de la carte scolaire et éviter ainsi le recyclage des projets de construction.

Les données sur les élèves du privé et du public vont permettre de générer un identifiant universel unique qui permettra d’assurer leur traçabilité et leur mouvement d’un établissement à un autre et d’un cycle à un autre.

Avec cet identifiant universel unique, nous facilitons la mobilité des élèves dans le pays et à l’étranger. Nous nous assurons de mettre fin à « l’homonymie » et de traquer les « sessions rapprochées ».

C’est par la digitalisation que le MENA veut organiser la planification et la gestion informatisée des examens nationaux en éliminant toutes les sources de fraude de la confection des listes jusqu’à la délivrance des diplômes.

C’est aussi par la digitalisation que le MENA veut se préparer à assurer, en toute circonstance, la continuité pédagogique par la mise en place d’une plate-forme de formation à distance (FAD) autant pour les élèves que pour les enseignants et un mécanisme automatisé d’évaluation des enseignements et des enseignants.

Mesdames et Messieurs les partenaires techniques et financiers du secteur de l’éducation ;

Je suis très satisfait de votre réceptivité pour ce projet phare de la digitalisation. Dans ce projet sur la digitalisation, il y a déjà des engagements financiers importants de la Banque Mondiale que je souhaite remercier.

Je suis aussi très satisfait de l’ouverture d’esprit et la proactivité du PNUD et l’UNICEF.

L’UNICEF s’est engagé et a pris en charge, dans des délais rapides, l’élaboration et la diffusion des TDR pour procéder au diagnostic de la situation des différentes bases de données au sein du MENA, les différentes initiatives dans les TIC en Guinée et la dimension juridique et institutionnelle liée à la digitalisation. Cambridge University a été retenu et le travail d’audit va démarrer incessamment.

Parallèlement à cette mission de diagnostic, les questionnaires qui servent à collecter les données des élèves du privé et du public, les enseignants du privé et du public et toutes les infrastructures scolaires sont élaborés, discutés au MENA et seront finalisés dans les prochains jours.

Les 400 tablettes qui doivent être utilisées pour collecter les données y compris les photos et la biométrie des élèves et des enseignants sont commandées et payées par le MENA. Les tablettes seront à Conakry vers la fin du mois de février et la collecte des données se fera au mois de Mars 2021.

Mesdames et Messieurs les partenaire techniques et financiers, il y a de la place pour tous dans la digitalisation. Car la digitalisation est un grand chantier technique et financier entre l’achat des logiciels, la création de la plate-forme, la production des contenus pédagogiques, l’achat de domaine, le paiement des hébergeurs professionnels, l’achat des tablettes pour les utilisateurs en situation de classe et de la chaîne administrative, de la formation du personnel utilisateur, de la supervision de ce processus.

Sur ce dossier, fédérons nos énergies, additionnons nos moyens et soyons comme Jacques Bauer dans la série 24 H Chrono : « on fait tout, tout de suite et on sort toujours victorieux ».

Mesdames et Messieurs ;

Le projet de digitalisation va changer la Guinée, son système éducatif entrera dans la quatrième révolution industrielle telle que souhaitée par le Président de la République, Pr. Alpha CONDE.

Dieu Merci, avec le discours programme du 30 janvier 2021 de Monsieur le Président de la République, nous savons que désormais la digitalisation n’est pas un projet isolé de notre ministère, c’est une orientation stratégique de Monsieur le Président.

La digitalisation, c’est la qualification de la gouvernance administrative, financière et pédagogique. C’est la fin de l’anarchie et le début d’une nouvelle ère. C’est le désenclavement le plus rapide et le moins coûteux de la Guinée en rapprochant les villages les plus reculés entre eux et entre eux et l’administration centrale et le savoir universel.

C’est la valorisation de la fibre optique qui est sous nos pieds et qui irrigue le territoire national. C’est l’assurance-qualité par excellence. Dans quelques années, au terme de la digitalisation, il y aura une Guinée d’avant et une Guinée d’après.

Mesdames et Messieurs ;

En déclarant ouverte la journée de partage des activités en cours et celles projetées au MENA, j’implore la bénédiction divine pour la Guinée et rêve d’une scolarisation pour toutes les filles et tous les fils de Guinée avec des enseignements de qualité.

Je vous remercie.

Dr Alpha Amadou Bano Barry

Ministre de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation

APPEL A CANDIDATURE POUR LE RECRUTEMENT D’ÉTUDIANTS A LA FACULTÉ DES SCIENCES ET TECHNIQUES DE LA SANTÉ DE L’UNIVERSITÉ GAMAL ABDEL NASSER DE CONAKRY

La Direction Générale de l’Enseignement Supérieur en collaboration avec l’Université Gamal Abdel NASSER de Conakry (UGANC), organise le concours de recrutement d’étudiants dans les programmes de formation de la Faculté des Sciences et Techniques de la Santé (FSTS) au compte de l’année universitaire 2020-2021.

1-   Profil des candidats

Sont concernés par cet appel, les bacheliers de la session 2020 des profils Sciences Mathématiques et Sciences Expérimentales ayant obtenu :

ü les mentions  Très Bien ou Bien  pour les candidats aux études en Sciences  médicales  (Médecine, Pharmacie et Odontologie)

ü au moins la mention Assez Bien pour les candidats aux Licences professionnelles (Infirmiers d’état, Sages-femmes, Techniciens Supérieurs de Laboratoire, Préparateurs en Pharmacie).

2-   Procédure

2.1  Phase 1 : Dépôt des Candidatures

 

Le dossier de candidature doit comprendre :

        Une demande de candidature adressée au Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de la Santé ;

        Une copie légalisée du diplôme de baccalauréat session 2020.

Chaque candidat est autorisé à faire un maximum de cinq choix par ordre de préférence.

Ce dossier de candidature doit parvenir à l’adresse électronique : scolaritegamal@yahoo.fr au plus tard le 14 janvier 2021 à 12 heures.

 

2. 2 Phase 2 : Organisation du Concours

 

Le concours aura lieu au Campus Principal de l’Université Gamal Abdel NASSER de Conakry, centre unique, les 19 et 20 janvier 2021 à 8heures.

 

Les épreuves, de niveau Terminales SM et SE comporteront :

        Une épreuve de Mathématiques  de 2 heures ;

        Une épreuve de Physique de 2 heures ;

        Une épreuve de Chimie de 2 heures ;

        Une épreuve de Français de 2 heures.

  

Pr Momo BANGOURA

Directeur Général de l’Enseignement Supérieur

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

NOUVEL AN : L’ADRESSE A LA NATION DU CHEF DE L’ÉTAT ALPHA CONDÉ

Conakry, le 31 décembre 2020 –

Guinéennes, Guinéens,

Mes chers compatriotes de la Guinée et de la diaspora

Au seuil de l’année 2021, je voudrais remercier chacun d’entre vous, pour l’effort collectif que nous avons entrepris ensemble, au cours de cette année 2020 qui a éprouvé le monde et bouleversé nos vies, et qui nous a permis de franchir le cap de l’année 2020.

A l’instar de tous les pays, la Guinée a été durant cette année 2020, confrontée à une pandémie qui a causé des pertes en vies humaines, ralenti certaines de nos activités économiques et réduit notre espace de mobilité sociale. Face à cette situation, je voudrais saluer la résilience guinéenne, devant le fléau du corona virus. Il faut se réjouir que le taux de mortalité en Guinée soit parmi les plus faibles au monde. Nous avons aussi achevé l’année 2020 par la mobilisation de moyens considérables et de nombreux sacrifices acceptés pour briser la chaine de contamination pour que le taux de guérison soit en hausse constante.

Dès le 13 mars 2020, la Guinée a pris des mesures urgentes pour contenir la propagation du corona virus, en instaurant des règles basées sur : le suivi automatique de voyageurs provenant de pays à risque, l’interdiction dans la capitale de rassemblement de masse, la fermeture des frontières terrestres et maritimes, le port obligatoire du masque et l’instauration du couvre feu, ainsi que la limitation du nombre de passagers dans les taxis et voitures individuelles.

Notre pays a installé des infrastructures sanitaires appropriées, pour faire face à la pandémie avec la création de 38 centres de traitement épidémiologiques, 8 équipes régionales, 33 équipes préfectorales d’alertes et de réponses et de 33 centres d’opérations d’urgence. Avec aussi, la construction, la réhabilitation, l’extension, l’équipement des infrastructures sanitaires à l’intérieur du pays et à Conakry. En plus de l’hôpital Donka, il y a celui de Matam équipé de 500 lits. Un autre hôpital à Gbéssia qui peut accueillir jusqu’à 300 personnes. Ainsi que sur des lieux spécialement aménagés qui peuvent contenir jusqu’à 300 à 400 personnes.

Guinéennes et Guinéens, mes chers compatriotes

Pour riposter aux conséquences de la pandémie, le gouvernement a prévu un budget de 563 milliards de francs guinéens qui s’est traduit entre avril et juin 2020 par : la prise en charge intégrale par l’État des factures, pour les abonnés au tarif social de l’électricité et de l’eau. Et pour les autres consommateurs, par : un report des échéances de paiement des factures d’eau et d’électricité, pour la même période, avec la mise en place de facilités de paiement. Le gel des prix des produits de santé et de première nécessité et le blocage des loyers sur les bâtiments publics pour la période d’avril à décembre 2020 ont également été décidés.

Pour les entreprises, dans le même espace de temps, par un report temporaire de l’ensemble des charges fiscales et sociales des entreprises du secteur du tourisme et de l’hôtellerie, y compris les contributions de sécurité sociale. Ainsi qu’un report des factures d’eau et d’électricité pour les avances des entreprises du tourisme et de l’hôtellerie, la renonciation à la Tva sur les factures d’eau et d’électricité. Une exonération de droits et taxes sur les équipements de santé et produits assimilés, le report du paiement des impôts, taxes et versements assimilés à l’État, la réduction des délais de remboursement des crédits de Tva. La suspension de la facturation de la surestarie portuaire, le règlement progressif de la dette intérieure de l’État, la mise en place d’un fonds spécifique pour les groupements d’intérêt économique, pour les aider à mieux absorber le choc économique et accompagner leur formalisation. La Guinée a adopté un plan de riposte de 350 milliards de francs guinéens. Car, selon les prévisions du ministère du Budget, les conséquences de la Covid-19 pourraient se traduire par une baisse atteignant 0,7% du PIB en 2020. Et enfin, la Guinée s’engage dans la création d’un Fonds de riposte Covid-19, pour un montant de plus de 2.500 milliards de francs guinéens. Plus que jamais nous devons continuer à respecter les gestes barrières et toutes les règles sanitaires prescrites, en attendant l’accès de tous les pays du monde à un vaccin qui pourrait définitivement vaincre la maladie.

En dépit de tout cela, nous avons pu organiser trois élections, sans le moindre concours financier extérieur. Ce qui est une expression éloquente de notre souveraineté et de notre indépendance nationale. Plus que jamais, notre destin est entre nos mains.

Nous avons pu conclure, la cinquième et sixième revue de notre programme avec le Fonds monétaire international. Je suis heureux de constater avec vous, qu’aucune des prévisions catastrophistes véhiculées contre notre pays par les esprits mal intentionnés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur pour nous déstabiliser ne se sont réalisées, grâce au sens de l’intérêt national, du patriotisme qui caractérise notre nation.

Guinéennes, Guinéens, mes chers compatriotes

Dans cette nouvelle année 2021 qui s’ouvre, l’accent sera mis sur la création de richesses nationales par la concrétisation des projets mis en route sur le partage des ressources pour une Guinée encore meilleure pour ses filles et fils. L’amélioration de la vie quotidienne va concerner l’accroissement de la fourniture d’eau et d’électricité. Après le barrage de Kaleta (240 mgw), cette année verra le démarrage du barrage de Souapiti (450 mgw) et dans la foulée, celui d’Amaria (300 mgw) Foumi et Kogbedou en Haute Guinée, Keno, Zegbela et Lokua en Guinée forestière et Koukoutamba au Foutah.

Sans compter les barrages régionaux prévus dans notre plan énergétique. Pour aider le développement de l’intérieur du pays, 15% des recettes minières ont été affectés aux collectivités locales, par l’Agence nationale de financement des collectivités (Anafic) dont les moyens de fonctionnement devraient atteindre la somme de 700 milliards de francs guinéens les cinq prochaines années. Le pays s’engage à décentraliser le partage des richesses avec un fonds qui va offrir plus de 125 milliards de francs guinéens par an aux régions minières. Nous devons continuer d’œuvrer pour réduire la pauvreté, avec le projet d’inclusion économique financière et sociale nécessaire pour lutter contre la pauvreté, financé à 70 millions de dollars par la Banque mondiale. Pour l’autonomisation des femmes, un budget de 25 milliards de francs guinéens a déjà été réuni pour le renforcement des capacités dans la création et le développement des activités génératrices d’emplois. Un autre fonds de 150 milliards de francs guinéens, sera investi pour le renforcement de la parité. Tandis que 300 milliards supplémentaires iront au financement des activités de la jeunesse, la formation, l’accès au numérique et à la technologie.

Nos priorités seront la construction des routes, l’amélioration de la fourniture d’eau. Nous allons accélérer la construction des routes dans les quatre régions ainsi que les pistes rurales. Nous allons renforcer notre agrobusiness à travers les chaines de valeurs. Cela, non seulement pour assurer l’autosuffisance alimentaire, mais aussi la transformation sur place, de la plupart de nos produits. La création de jeunes et femmes entrepreneurs sera aussi au cœur de notre politique d’améliorer le panier de la ménagère, c’est-à-dire le social.

Enfin et surtout gouverner autrement en luttant contre la corruption, le clientélisme, le copinage. Instaurer le respect de l’Etat et des institutions. Nous allons récupérer tous les terrains illégalement vendus ou occupés, ainsi que les bâtiments du contentieux franco-guinéen abusivement et illégalement occupés.

J’envisage très bientôt d’organiser une conférence de presse pour expliquer et faire comprendre à tous, le « gouverner autrement ». Les spéculations dans la cité et les manœuvres de toutes sortes de prétendus faiseurs de roi et influenceurs du microcosme n’inspirent pas mes décisions et me laissent indifférents.

Je n’ai pas été élu pour servir la cause d’une élite, mais pour répondre aux aspirations légitime du peuple de Guinée qui se résument à une gouvernance plus équitable, judicieuse et vertueuse à savoir : la justice sociale, l’égalité des chances, la culture du mérite et de l’excellence. Pour la réalisation de cette ambition que nous partageons, je suis prêt à travailler avec tous les Guinéens de bonne volonté et animés de bonnes intentions pour la Guinée et les Guinéens.

Guinéennes, Guinéens, mes chers compatriotes

En ce début d’année 2021, nos pensées se tournent vers nos forces de défense et de sécurité. Les Guinéens peuvent aujourd’hui être fiers de leurs Forces de défense et de sécurité, notre armée nationale reformée sur une base de modernité et d’esprit républicain. Une armée qui défend aujourd’hui nos valeurs sur les champs de bataille pour la paix sur le continent, comme en témoigne encore la présence de nos 650 soldats engagés dans le maintien de la paix au Mali, notre pays frère.

Nos pensées se tournent vers l’Afrique et notre région touchée par la pandémie du corona virus qui s’ajoute aux menaces contre la paix et la sécurité. Notre devoir aujourd’hui est de circonscrire les périls dus à la guerre, au terrorisme, et au fondamentalisme religieux. Car nous avons besoin de paix pour asseoir notre développement et offrir un meilleur espoir à la jeunesse pour qu’elle ait confiance en l’Afrique.

En cette fin d’année, la tradition impose de rendre hommage à nos anciens, aux populations les plus démunies, à toutes les couches sociales atteintes par le corona virus et à ceux qui le combattent. Notamment le personnel soignant. Nos pensées vont vers nos compatriotes vivant à l’Etranger qui doivent être des acteurs impliqués dans notre processus de développement.

Nos pensées vont aussi à nos frères africains présents sur notre territoire national, dans une Guinée qui honore le panafricanisme et l’intégration africaine.

Au nom de notre idéal commun, je souhaite une bonne fête de fin d’année à chacun d’entre vous et à vos familles, ainsi que mes vœux de bonne santé, de paix et de prospérité. Plus que jamais, la Guinée, notre maison commune, a besoin de l’engagement de chacune et chacun d’entre vous. Pour bâtir ensemble, un avenir de paix, d’unité et de prospérité.

Vive la République de Guinée, libre, prospère et fraternelle

Que Dieu bénisse notre pays.

 

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

COMPTE RENDU DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI, 17 DÉCEMBRE 2020

Conakry, le 17 Décembre 2020 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 17 Décembre 2020, par visioconférence, de 10h à 13H, avec l’ordre du Jour suivant :

  1. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
  2. COMPTE RENDU DE LA SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL INTERMINISTERIEL DU MARDI, 08 DECEMBRE 2020

III. QUESTIONS DIVERSES

Au titre du premier point de l’ordre du jour

Le Président de la République a adressé aux membres du Conseil ses félicitations pour leur engagement en faveur du processus électoral qui vient de s’achever par son investiture réussie comme Premier Président de la quatrième République. Il les a chargés de transmettre ses sentiments de satisfaction aux responsables, militants et sympathisants du RPG Arc-En-Ciel, des partis alliés ainsi qu’à tous les citoyens guinéens

Le Chef de l’Etat a invité les Ministres en charge de la Justice, de l’Administration du Territoire et de la Citoyenneté à informer l’opinion sur les dessous des remous et des troubles politiques récents tout en révélant les véritables intentions de leurs commanditaires et les risques auxquels ils ont exposé l’Etat et la Nation. Il a insisté sur la vigilance des services compétents dont les actions préventives ont empêché notre pays de sombrer dans le chaos et la désolation   

Le Président de la République a passé en revue les manquements et lacunes qui ont affecté, ces dernières années, le travail gouvernemental et empêché, dans certains domaines, l’atteinte des objectifs prévus. Il, a mis en particulier l’accent sur les insuffisances essentielles suivantes :

1-   La faiblesse de la communication gouvernementale pour contrer la campagne de dénigrement organisée par certains opposants et organisations de défense de droits de l’homme qui occultent systématiquement les cas de violence avérés et assumés par des partis politiques et des organisations de la société civile profondément politisées. En effet, il est notoirement connu que des militants et responsables de la mouvance présidentielle sont souvent agressés voire assassinés, leurs domiciles incendiés et des édifices publics vandalisés et détruits à Conakry et à l’intérieur du pays, sans que ces cas graves de violation des droits humains ne soient jamais évoqués dans les rapports des ONG internationales. Le Président de République a insisté sur les progrès importants accomplis dans le domaine de la protection et de la promotion des droits humains qui se doivent d’être régulièrement portés à la connaissance de l’opinion nationale et internationale

2- La sédentarisation de nombreux cadres à des postes qu’ils occupent durant parfois des décennies avec comme corollaire une baisse d’efficacité et de rendement des services qu’ils dirigent

3-   Les faiblesses du système judiciaire en dépit des efforts fournis pour la reforme de ce secteur et l’amélioration des conditions de travail des magistrats

4-   Un désordre croissant dans le domaine de la propriété foncière avec des ventes illicites récurrentes de domaines publics et des conflits domaniaux souvent alimentés par des juges indélicats

5-   L’intensification de l’exploitation minière clandestine qui favorise la destruction de l’environnement, l’exode rural, la déscolarisation des enfants et la montée de la criminalité dans les zones concernées

6-   La faiblesse de la solidarité gouvernementale et l’existence de conflits de compétence qui affaiblissent l’efficacité de l’action gouvernementale

7-   L’insuffisance de statistiques fiables et régulièrement mises à jour pour faciliter la conception et la mise en œuvre de politiques publiques efficaces

8-   Le non-respect des règles d’endettement du Trésor vis-à-vis de la banque Centrale avec une augmentation de la dette intérieure qui pénalise fortement les entreprises locales

9-   Une nomenclature budgétaire qui ne respecte pas toujours la priorisation normale des dépenses en fonction des urgences et des programmes de développement

Le Chef de l’Etat s’est félicité pour la conclusion positive des  cinquième et sixième Revue du programme Economique et financier appuyé par la Facilité Elargie de Crédit avec le FMI. Il a soutenu que le nouveau Programme doit s’inspirer des priorités définies par le Gouvernement pour un développement économique et social équilibré de notre pays

Au deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier Ministre a fait le compte rendu de la session ordinaire du Conseil Interministériel du 08 Décembre 2020.

A ce titre, le Conseil a entendu successivement

1-     Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts qui a présenté une communication relative à l’actualisation des Actes de Classement des Forêts Classées

2-     Le Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique qui a fait une communication relative aux risques liés à la Cyber Sécurité

3-     Le Ministre des Investissements et des Partenariats Publics Privés qui a fait deux communications relatives à l’Amélioration du Climat des Affaires et à la première édition du Guinea Investment Forum (GUIF).

Dans ce cadre,

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a fait une communication relative à l’actualisation des Actes de Classement des Forêts Classées de l’Etat.

Il a précisé que l’objectif du présent projet de Décret est d’autoriser le Ministère en charge de l’Environnement, à procéder à l’inventaire, la délimitation, la matérialisation des nouvelles limites et la pose des panneaux ou pictogrammes dans chacune des forêts classées.

Le Ministre a indiqué que la Guinée dispose d’un potentiel important et diversifié de ressources biologiques et forestières constituées par différents types de formations forestières d’une superficie de 13.189.000 ha soit 53,63% du territoire national dont 1.140.000 ha de domaine classé, de plus d’une vingtaine de sites protégés dont 15 de renommée mondiale et 6 aires de mangrove d’importance internationale. La Guinée dispose également d’une faune sauvage de 1.117 espèces d’insectes, 260 espèces de mammifères ,518 espèces d’oiseaux, 140 espèces de reptiles et 76 espèces d’amphibiens.

Il a déploré que malgré ces surfaces de forêts protégées dans notre pays, nous demeurons encore loin du taux de couverture de 30%, recommandé par les conventions internationales régissant les écosystèmes forestiers dont notre pays est État -partie.

Le Ministre a précisé que 90% des forêts conservées en Guinée sont classées par des actes établis par l’administration coloniale pour des objectifs différents notamment la protection des bassins versants, des cours d’eau, des têtes de sources, des espèces endémiques ou de récréation à des fins de loisir.

Il a révélé qu’en dépit des nombreuses mesures prises par le Gouvernement pour atténuer les pressions humaines sur ces domaines classés, le constat fait sur le terrain est très alarmant en ce sens que les agressions s’accentuent.

Le Ministre a justifié l’accélération de la dégradation de nos ressources forestières par l’existence d’un cadre réglementaire caduc datant de l’époque coloniale, qui entraine des conflits récurrents entre l’Etat et les communautés et entre l’Etat et les pays voisins.

D’où, la nécessité d’envisager des actions vigoureuses de protection de nos forêts pour inverser la tendance de cette destruction continue. Pour ce faire, le Ministre a sollicité le soutien du conseil pour procéder à l’actualisation des actes coloniaux de classement de toutes les forêts classées du pays.

Au terme des débats, le conseil a donné son accord au Ministre pour la mise à jour des Actes de Classement des Forêts Classées à travers un projet de Décret á soumettre à son attention.

Le conseil a demandé une concertation interministérielle dans le but d’impliquer les gardes forestiers dans le suivi de la question environnementale dans les zones minières. Le président de la commission devra rendre compte régulièrement de l’évolution de la situation au Conseil des Ministres.

Le Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique a fait une communication relative aux risques liés à la Cyber Sécurité et à la 17ème réunion des Ministres de la CEDEAO en charge des Télécommunications/TIC.

Il a relevé qu’au cours de la dernière décennie, la République de Guinée a connu de grandes réalisations dans la mise en place des infrastructures nécessaires aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et un accès croissant et largement répandu d’internet à haut débit. Le taux de pénétration de l’internet est passé de 10% en 2010 à 40 % en 2020.

Le Ministre a indiqué que l’intensification et la diversification de cet outil de communication technologique est devenue une question d’importance stratégique pour tous les pays.

Cependant, en République de Guinée à l’instar des autres pays africains ayant de plus en plus accès à l’Internet haut débit, les questions liées à la cyber sécurité et à la cybercriminalité se posent avec acuité d’où la nécessité de veiller à ce que les citoyens, les gouvernements et les entreprises soient protégées.

C’est dans cette optique, que le Ministre a fait le compte rendu de sa participation virtuelle à la 17ème réunion des Ministres de la CEDEAO en charge des Télécommunications/TIC. L’objectif de leur réunion du 26 Novembre 2020, était de faciliter une approche régionale coordonnée, par l’adoption d’instruments de politiques pertinents en vue de faire face à l’impact des cybers attaques et des problèmes liés à la cybercriminalité.

Le Ministre a informé que la CEDEAO a reçu entre autres le soutien de l’Union Européenne dans la mise en œuvre du projet « Crime organisé » qui est la réponse de l’Afrique de l’Ouest sur le cyber sécurité et la lutte contre la criminalité (OCWAR-C), à travers lequel des documents ont été rédigés pour examen.

Il a rappelé que cette réunion avait été précédée par celle des Experts, tenue par visio-conférence du 23 au 25 Novembre 2020

Au terme de l’exposé, le conseil a invité le Ministre à se concerter avec le Ministre de la Sécurité et le programme WURI de la Banque mondiale pour garantir une synergie d’ensemble des intervenants.

Le Ministre des Investissements et des Partenariats Publics Privés a présenté deux communications relatives à l’Amélioration du Climat des Affaires et à la première édition du Guinea Investment Forum (GUIF).

Ø  S’agissant de l’Amélioration du Climat des Affaires, le Ministre a présenté le bilan global sur l’évolution du dossier Millenium Challenge Corporation (MCC), du rapport Doing Business et de l’étude pour l’élaboration de la stratégie de relance du secteur privé dans le contexte post-COVID.

Il a informé que la Guinée a obtenu un score global de neuf (09) indicateurs validés sur vingt (20) et est, de ce fait éligible au programme seuil du MCC qui donne accès à un financement de 40 millions de dollars. Cependant, il est nécessaire pour la Guinée de maintenir la cadence des reformes pour conserver les indicateurs déjà acquis et en valider de nouveaux.

Les reformes prioritaires suivantes ont été identifiées :

–    Pour la lutte contre la corruption : la restructuration effective de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption et la signature du Décret sur les lanceurs d’alerte.

–    Pour le développement du capital humain : le rehaussement des dépenses publiques de santé et du taux de vaccination pour satisfaire les exigences du MCC ainsi que de l’adoption de réformes pour permettre une participation accrue des femmes dans l’économie et la vulgarisation des mesures déjà initiées pour promouvoir l’égalité des sexes en Guinée.

–      Pour le commerce transfrontalier : l’amélioration de l’ouverture du pays au commerce international, notamment à travers la mise en œuvre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf).

Le Ministre a indiqué que dans le cadre du rapport Doing business de la Banque Mondiale, un certain nombre de réformes doivent être poursuivies. Il a informé que les ministères des Investissements et du Plan en partenariat avec l’Agence de Développement Belge-ENABEL conduisent une étude pour la formulation d’une stratégie de relance du secteur privé dans le contexte post-Covid. L’étude aboutira à l’élaboration d’une feuille de route pour les cinq (5) années à venir et aura pour objectif de promouvoir les investissements privés et de renforcer la compétitivité des entreprises locales.

Au terme de l’exposé, le conseil a demandé une collaboration plus étroite entre les Ministères en charge du Partenariat public, du Commerce et de l’Industrie, sur la problématique du développement du secteur privé.

Ø  Concernant l’organisation de la Première édition du Guinea Investment Forum (GUIF), qui est placée sous la haute présidence du Chef de l’Etat, et Co-organisée par l’APIP-Guinée, la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Société Financière Internationale, le Ministre a informé que l’évènement est prévu pour les 23 et 24 février 2021 à Conakry avec diffusion simultanée en live streaming sur plateforme numérique.

Il annoncé que l’objectif principal du GUIF qui doit regrouper plus de 1000 participants, est de mobiliser des investisseurs publics, privés et des entrepreneurs afin de promouvoir un portefeuille de projets bancables et de conclure des transactions structurantes.

Pour cette 1ère édition, les secteurs ciblés sont l’agriculture, les infrastructures, l’industrie, les mines, le tourisme, les TIC et l’environnement. L’agro-business compte à lui seul 27 projets sur les 51 projets bancables identifiés et est estimé à un portefeuille de 542,5 millions de dollars soit plus de 70% du montant global de l’ensemble des projets qui est de 741.7 millions de dollars.

Le Ministre a affirmé que le forum servira entre autres à :

–        Promouvoir les avantages comparatifs de la Guinée et le secteur privé national ;

–        Mettre en place une plateforme transactionnelle avec des intentions d’investissements exprimées et concrétisées ;

–        Accroître les Investissements Directs Étrangers (IDE) ;

–        Vulgariser les réformes structurelles en cours et à venir pour améliorer l’environnement des affaires ;

–        Mobiliser des fonds pour le financement des projets d’envergures ;

–        Mettre en place de nouveaux partenariats et des alliances stratégiques pour renforcer le secteur privé guinéen.

Au terme de l’exposé, le conseil s’est réjoui des progrès enregistrés par notre pays dans le cadre du MCC et a demandé au Ministre :

–   de poursuivre les préparatifs de la tenue du Guinea Investment Forum (GUIF) ;

–   d’élaborer de manière concrète une matrice d’actions à mener par institution avec des délais impartis, à soumettre à la réunion du Pool économique dans un délai de 2 semaines.

AU TITRE DES QUESTIONS DIVERSES

Au nom du Gouvernement, Monsieur le Premier Ministre a vivement félicité Monsieur le Président de la République pour l’hommage mérité qui lui a été rendu à travers son investiture solennelle comme premier Président de la quatrième République, une cérémonie qui a connu la participation d’éminentes personnalités venues du monde entier.

Il a rappelé tout le parcours exceptionnel de l’Homme d’Etat connu à travers le monde pour son patriotisme et son panafricanisme et souhaité plein succès à ce nouveau mandat.

Avant de lever la séance, Monsieur le Président de la République a donné au Conseil, de larges informations sur la situation nationale, africaine et internationale.

Le Conseil des Ministres

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement